Eric Malausséna Somatopathe

Quand la chenille devient papillon...

Accueillir son enfant intérieur

J’ai écrit plusieurs articles pour tenter de donner une idée de la démarche que j’adopte dans une séance de somatopathie. Mais je souhaite revenir sur une dimension importante de cette pratique.

La somatopathie met en œuvre une écoute manuelle subtile de différents niveaux d’organisation dans notre corps : lésions de suture, lésions musculaires, blocages du mouvement respiratoire primaire (MRP), blocages énergétiques…

Derrière chacune de ces lésions j’apporte des corrections visant à redonner au corps physique ou subtil le moyen de reprendre son fonctionnement normal. Ces corrections s’appuient sur le principe de l’homéostasie : le corps sait naturellement se réparer à l’intérieur de certaines limites.

Mais si je me limite à ces deux aspects, il manque l’essentiel. L’écoute identifie des lésions, certes, mais par-dessus tout, elle permet de mettre en évidence des émotions. Ce sont ces émotions, ces souffrances, qui, a un certain moment de l’histoire du patient, ont été au-delà de sa capacité à les accueillir. Tout particulièrement dans l’enfance. Et heureusement, de nombreux mécanismes sont en nous afin de nous permettre de continuer à fonctionner à peu près normalement malgré ces souffrances vécues, parfois terribles.

Notre corps a cette capacité à enfouir en profondeur ce qui est insupportable. Bien entendu, même ce mécanisme a des limites. Mais si vous venez à mon cabinet… c’est que ce mécanisme vous a permis de  vivre jusque-là !

Pendant la séance, les corrections somatopathiques sont associées à une verbalisation. Quand c’est nécessaire, je peux être amené à inviter le patient a faire le lien entre ce que je ressens comme un blocage et un type d’émotion vécu. C’est lui qui identifie l’événement référent. Ce faisant, il prend conscience de l’importance de l’émotion ressentie à ce moment-là… et il arrive que cette émotion remonte d´un coup à la surface lorsque je libère les lésions qui emprisonnaient la mémoire de cette souffrance.

Cela peut se faire durant la séance ou dans les jours qui suivent. Et dans ce cas, un seul mot d’ordre : accueillir.

Accueillir cette émotion autant que possible, sans même chercher à comprendre quoi que ce soit. Ni d’où elle vient, ni pourquoi… juste accueillir.

C’est ce geste d’accueil qui, pour plein de bonnes raisons, n’a pas pu être fait sur le moment… il peut être fait désormais.

J’utilise souvent une image avec mes patients. Celle d’une petite fille qui est dans une aire de jeux avec sa maman. La petite fille joue tandis que sa maman est assise sur un banc. Elle tombe et se fait un peu mal. Aussitôt elle commence à pleurer et cherche sa maman du regard puis court vers elle.

Sa maman lui ouvre les bras. L’écoute pleurer, l’écoute lui raconter les circonstances de sa chute… La petite fille exprime sans retenue son émotion. Elle est entendue dans sa souffrance par sa maman qui l’écoute et lui donne le droit de pleurer. Au bout de quelques minutes… c’est fini. L’émotion s’est exprimée. La petite fille a été entendue… elle peut retourner jouer. Il ne restera plus rien de cet événement.

C’est ce qu’il nous est possible de faire maintenant lorsque l’émotion se libère pendant ou après la séance. Nous autoriser à l’exprimer. Et entendre, être à l’écoute de notre enfant intérieur qui ne l’a pas été la première fois. Nous devenons le parent de notre enfant intérieur. Par ce geste, nous prenons notre autonomie en devenant celui qui permet la guérison de cet enfant.

C’est un geste d´amour pour nous-mêmes, pour notre intériorité. Nous cessons de l’attendre de l’extérieur. Et nous réalisons que nous pouvons grandir vers plus de liberté.

Nous devenons acteur de notre guérison.

Meilleurs Vœux 2017

En introduction, je voudrais citer l’histoire du vieux paysan chinois et de son cheval, racontée par Lao-Tseu :

Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu’il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu’on lui proposait une fortune pour l’animal, le vieillard répondait :
— « Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, c’est un ami, je ne peux pas le vendre. »

Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l’étable vide donnèrent leur opinion :

— « Pauvre idiot, il était prévisible qu’on te volerait cette bête. Pourquoi ne l’as-tu pas vendue ? Quel Malheur ! »

Le paysan se montra plus circonspect :

— « N’exagérons rien dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l’étable. C’est un fait. Tout le reste n’est qu’une appréciation de votre part. Comment savoir si c’est un bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu’un fragment de l’histoire. Qui sait ce qu’il adviendra ? »

Les gens se moquèrent du vieil homme. Ils le considéraient depuis longtemps comme un simple d’esprit. Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. Il n’avait pas été volé, il s’était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. Les villageois s’attroupèrent de nouveau :

— « Tu avais raison, ce n’était pas un malheur mais une bénédiction. »

— « Je n’irais pas jusque là, fit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Ce n’est qu’un épisode. Peut-on connaître le contenu d’un livre en ne lisant qu’une phrase ? »

Les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait le nier ?

Le fils du paysan entreprit le dressage des chevaux sauvages. L’un d’eux le jeta à terre et le piétina. Les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis :

— « Pauvre ami ! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t’ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est estropié. Qui donc t’aidera dans tes vieux jours ? Tu es vraiment à plaindre. »

— « Voyons, rétorqua le paysan, n’allez pas si vite. Mon fils a perdu l’usage de ses jambes, c’est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l’avenir. »

Quelque temps plus tard, la guerre éclata et tous les jeunes gens du village furent enrôlés dans l’armée, sauf l’invalide.

— « Vieil homme, se lamentèrent les villageois, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi tandis que nos fils vont se faire tuer. »

— « Je vous en prie, » répondit le paysan, « ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l’armée, le mien reste à la maison, c’est tout ce que nous puissions dire. Dieu seul sait si c’est un bien ou un mal. »

Nous avons tous un cheval blanc mais veut-il nous conduire quelque part où simplement nous apprendre à voyager ?

 

Je vous laisse méditer sur cette jolie histoire…

Qu’est-ce qu’une bonne année ? Celle où tous nos vœux ont été exaucés ? Et l’année où survient une épreuve est-elle forcément une mauvaise année ?

En tant que Somatopathe, je suis parfois émerveillé par la façon dont une épreuve qui a conduit un patient à mon cabinet peut se transformer en une opportunité extraordinaire de transformation intérieure.

Alors non, je ne vais pas souhaiter pour autant à tous les lecteurs de traverser des épreuves…

 

Je vous souhaite à tous et à vos proches une très belle année, lumineuse, remplie de paix dans le cœur car c’est ce qui manque manifestement le plus dans le monde aujourd’hui, et remplie d’amour. 

Et à tous ceux qui traversent une épreuve… ne jugez pas trop vite… l’amour, la joie, se cachent parfois au détour des ruelles les plus sombres.

 

De tout cœur avec vous tous !

 

 

Somatopathie : un cas d’infertilité

Somatopathie : un cas d'infertilité Cet article est le septième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

 

Quand Aline, 35 ans, vient me voir, cela fait déjà huit ans qu’elle essaye d’avoir un enfant avec son conjoint. Huit années éprouvantes au cours desquelles ont été tentées sur elles toutes les techniques possibles et imaginables destinées à la rendre enceinte. Huit années d’espoirs déçus car tous les examens les plus aboutis sont arrivés aux mêmes conclusions : Aline n’a aucune raison organique identifiable empêchant une grossesse. Aucune anomalie, aucune malformation, rien.

Elle ovule normalement ( d’un seul ovaire) mais aucun œuf ne parvient à se former, ni se fixer ou se développer sur la paroi utérine. Par conséquent toutes les tentatives de fécondation in vitro et d’insémination se sont soldées pas un échec.

 

Lors de la première consultation, Aline a aussi très mal au dos et des douleurs dans le petit bassin.

La séance débute donc par la correction de l’ensemble de la structure. Aline porte de nombreuses émotions depuis des années et cela a entraîné de multiples tensions autour desquelles sa structure s’est adaptée. Comme le dit l’expression populaire : elle en a plein le dos.

Ce «ménage» permet de faire apparaître une souffrance en lien avec sa propre descendance… alors qu’Aline ne m’a pas dit avoir eu d’enfant.

Celle-ci m’explique alors que, vers 16 ans, elle se retrouve enceinte. Aline est très amoureuse de l’homme qu’elle a rencontré mais, dans sa propre famille, il est hors de question de laisser une telle grossesse se poursuivre. Aline doit alors subir une interruption de grossesse imposée par ses parents et ne doit plus jamais revoir cet homme.  Les larmes d’Aline coulent. C’est un vrai cataclysme émotionnel qui revient à la surface pendant la séance. Pour sauver les apparences, rien ne sera plus jamais évoqué dans le milieu familial… comme si tout cela n’était jamais arrivé. Même le mari actuel d’Aline n’est pas au courant.

La séance se termine. Nous n’avons pas fait le tour de tout le sujet mais il faut déjà intégrer tout ce qui est revenu à la surface. Aline décide de parler de tout cela avec son mari d’ici la séance suivante.

 

Quand Aline revient, ce n’est déjà plus tout à fait la même personne. Elle se sent déjà beaucoup plus légère ! Elle n’est pas enceinte mais elle pressent que quelque chose reste possible.

La séance prend alors une toute autre tournure. Le crâne m’invite immédiatement à aller regarder les organes et de nouvelles informations apparaissent : il s’est probablement passé quelquechose dans l’histoire de la grand-mère maternelle en rapport avec le fait d’avoir un enfant. Cela s’exprime clairement sur l’ovaire gauche qui est justement celui qui n’ovule pas, mais aussi sur l’utérus. La souffrance de cette grand-mère est aussi d’ordre sexuel. Aline ne sait rien. Cela n’empêche pas le travail de libération émotionnelle de ces memoires engrammées dans la structure des organes mais je l’invite quand même à essayer de poser des questions.

C’est lors de la troisième séance que j’aurai confirmation de ce que j’avais exprimé : la grand-mère maternelle a été violée à 16 ans (!) par quelqu’un de la famille. Dans le milieu bourgeois de ses parents, on taira tout. La grand-mère sera avortée et le sujet ne sera jamais plus évoqué alors que le membre de la famille concerné continuera à fréquenter la maison.

Aline prend conscience que son histoire résonne singulièrement avec celle de sa grand-mère. Elle prend conscience de la terrible souffrance que cette dernière a dû porter des années durant.

Dans l’histoire d’Aline, son mari n’est pas bien accepté par sa famille. La séance montre qu’elle a besoin de se libérer de son sentiment de trahir les schémas familiaux… Aline sort du cadre.

Au fil des séances, Aline se réapproprie ses choix de vie, a pu accueillir et laisser s’évacuer l’immense souffrance de cette interruption de grossesse imposée alors qu’elle a 16 ans… et la relation avec son mari se transforme radicalement.

Quelques mois après la première séance, Aline est enceinte, le plus naturellement du monde. Le futur papa est présent lors des séances où Aline vient pendant sa grossesse.

Aline est désormais l’heureuse maman d’un adorable garçon.

 

 

De la chenille au papillon : la guérison

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Cet article est le sixième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la Somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Mais contrairement aux articles précédents, je ne vais pas présenter une séance type. J’ai déjà parlé d’otite, de sciatique, de cancer du sein, de migraine et de burn-out. Dans les différents cas présentés, l’approche somatopathique fournit une démarche qui permet d’accompagner le patient vers la guérison.

Seulement il y a un écueil inévitable à ce type de présentation : faire croire que la Somatopathie est un outil de plus pour guérir, que le somatopathe est un guérisseur.

Et sur ce point je tiens à être catégorique : je ne suis pas guérisseur. Je ne guéris personne au sens où on l’entend habituellement. Si quelqu’un m’appelle en me demandant si je suis guérisseur, je réponds systématiquement : Non.

 

Je m’explique.  Dans ma vision des choses, le guérisseur est celui qui a le pouvoir de guérir quelqu’un du mal qui l’habite. Dans la relation guérisseur-patient, le patient est passif. Il vient voir le guérisseur afin que celui-ci lui ôte son mal. Le guérisseur met en oeuvre son savoir-faire et le patient repart guéri. Le patient ne sait pas ce que le guérisseur a fait, et considère que c’est ce dernier qui a tout fait. Le patient a juste confiance en la capacité du guérisseur.

Nous retrouvons le même type de relation avec un chirurgien par exemple. Mon mal nécessite une opération que le chirurgien va réaliser sans ma participation (je suis généralement endormi le temps de l’opération). Je viens voir le chirurgien et me livre à lui (je l’autorise à m’opérer dans mon sommeil, après avoir d’ailleurs signé le plus souvent une décharge de responsabilité). Une fois l’opération réalisée, l’affaire est terminée. Je caricature un peu, mais c’est ainsi dans les grandes lignes.

 

Dans la démarche que j’entreprends avec mes patients, cela n’est pas cela du tout.

 

C’est même une démarche inverse. En tant que somatopathe, je considère toujours que ce dont souffre le patient est l’expression d’une souffrance non mise en conscience. Cette souffrance finit avec le temps par s’exprimer sous la forme d’un symptôme. Ce symptôme peut être directement manifesté (une sciatique par exemple), ou indirectement (lors d’une chute, par exemple, ce n’est pas nécessairement le point d’impact de la chute qui est en lésion, mais la région qui a été préalablement fragilisée par cette souffrance non manifestée).

Il est vrai que, le plus souvent, le patient vient avec son symptôme… et l’explication de son origine : « je me suis bloqué le dos en soulevant un carton ». Dans ma vision des choses, son explication relève encore du symptôme.

 

Mon travail de somatopathe va donc consister en plusieurs actions conjointes :

  • correction de la structure (les os essentiellement),
  • relance de la circulation énergétique et fluidique,
  • évocation du type de souffrance associé afin que le patient puisse faire le lien avec son symptôme

Cette dernière étape est très importante. Tant que « je me suis bloqué le dos en soulevant un carton », je ne prends pas conscience que l’émotion enfouie en moi a créé une faiblesse dans ma structure qui a permis ce blocage du dos. Et si, en tant que somatopathe, je ne fais que corriger sans permettre au patient de faire le lien, alors j’ai traité le symptôme… Et à la prochaine occasion, le symptôme réapparaîtra car la faiblesse est toujours présente.

Continuons l’exemple de notre patient qui a mal au dos. Peut-être que pendant la séance va apparaître une origine émotionnelle sur un rein (c’est l’écoute manuelle somatopathique qui pémet de le trouver). Le rein renvoie à des souffrances autour du territoire. Quand je vais aborder le sujet, le patient va peut-être exprimer que, suite à un changement de direction, il perd son poste dans le site où il travaille et qu’on lui a proposé un autre poste ailleurs en France. Mais, jusqu’à cette séance, il ne voit pas le rapport… Sauf que la séance fait apparaître un rein figé qui m´invite à lui faire faire également le lien avec l’histoire d’un grand-père.  Le grand-père paternel, espagnol, a dû émigrer pour fuir la dictature de Franco et tout laisser derrière lui. Le rein figé veut nous dire que l’histoire de ce grand-père résonne dans le corps du patient comme s’il avait lui-même déjà vécu cette souffrance… Créant en lui une sorte de terrain hyper sensible… Comme un terrain allergique entraînera une forte réaction à un allergène… allergène qui n’induit aucune réaction chez quelqu’un qui n’est pas allergique. Si nous revenons à notre patient, sa situation professionnelle crée un écho à la souffrance vécue par son grand-père et entraîne donc chez ce patient une réaction exacerbée qui s’exprime sous la forme d’une grande tension dans la région du rein et amène les vertèbres proches en lésion.

Je ne vais pas continuer plus loin cet exemple, mais c’est en associant la correction à la prise de conscience par le patient de la souffrance inconsciente associée, voire de la référence dans l’histoire familiale, qu’un autre travail plus profond se met en œuvre.

Les corrections somatopathiques associées à la mise en conscience vont déclencher la remontée à la surface des émotions enfouies… parfois dans les jours qui suivent la séance. C’est là que le patient doit accueillir ce qui remonte à la surface et le laisser s’exprimer. C’est cette conjonction entre mise en conscience et correction qui permet au corps de mettre en œuvre ses propres mécanismes de réparation, d’auto-guérison.  

Ce n’est donc pas moi qui guérit au sens strict du terme. J’accompagne le patient dans sa recherche de sens et c’est ce partenariat qui conduit à la guérison, à une guérison qui s’inscrit dans la durée.

 

Il est donc important de venir à une séance de Somatopathie avec une démarche de recherche intérieure, un vrai désir de compréhension de ce que notre inconscient cherche à nous dire au travers de notre corps. Il restera peut-être des résistances en nous, mais si nous souhaitons vraiment nous ouvrir à cette compréhension, elles finiront par lâcher en quelques séances.

 

Et pour ceux qui sont dans une recherche intérieure plus affirmée, les séances de Somatopathie permettent d’aller de plus en plus en profondeur : tel un oignon que l’on épluche, en venant à la source d’émotions de plus en plus subtiles et anciennes, telle une chenille en pleine transformation dans son cocon, afin de  devenir un beau papillon.

 

 

 

Somatopathie : un cas de burn-out

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Cet article est le cinquième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Paul, 52 ans, entre dans mon cabinet s’écroule dans le canapé disposé à cet effet. Son regard semble éteint. Le teint est gris. Comme quelqu’un qui se demande ce qu’il fait là, son regard parcourt un moment la pièce, cherchant quelque chose à quoi s’accrocher. Au bout d’une minute, ses yeux me fixent tandis que je termine la préparation de sa fiche.

Paul est un nouveau patient, gérant d’un grand magasin. Marié depuis 25 ans, deux enfants, une belle voiture, une belle maison. Malgré son regard éteint il a encore fière allure, sportif, bronzé, dans une tenue impeccable.

Il a entendu parler de la somatopathie par un copain. Il est dans mon cabinet parce qu’il y a 15 jours, il s’est retrouvé en arrêt de travail pour burn-out.

Burn-out. Le mot a été prononcé par son médecin traitant sur l’arrêt de travail. Quand Paul le prononce, ce mot résonne comme un couperet. Comme l’aveu d’un échec.

Jusqu’à ce jour la vie de Paul semble avoir été un sans-faute, selon ses dires : « Il y avait bien de la fatigue qui s’accumulait… mais le magasin demandait beaucoup de temps. Fallait bien être sur le pont, en tant que patron. » Il y avait bien sa femme, qui depuis quelques mois commençait à lui faire des reproches sur sa disponibilité le week-end, sur sa baisse de libido, sur ses enfants qu’il ne voyait plus beaucoup… « Mais ce magasin, c’est toute ma vie, même si le contexte économique est devenu compliqué… Ma femme ne voulait pas comprendre… Ce n’est pas avec son salaire que nous allions vivre… Depuis quelques temps le sommeil n’était plus réparateur. Et je n’avais plus le temps de faire mon footing matinal quotidien. »

Il y a 15 jours, Paul laisse exploser une vive colère à table le soir en famille. Jamais ses proches ne l’avaient vu ainsi. Une fois dans sa chambre il se sent vide. Le lendemain matin, impossible de se lever, d’aller travailler. « Son cerveau ne répond plus ». Sa femme inquiète le conduit chez le médecin traitant. « Burn-out ».

Paul n’a toujours pas compris ce qui lui est arrivé.

Lors de la première écoute crânienne, rien ne bouge. Dans les approches de type ostéopathique, une écoute fondamentale s’appuie sur le MRP (mouvement respiratoire primaire). Dans les mains, un crâne en bonne santé donne une sensation de respiration nettement perceptible après un peu d’entraînement. Quand rien ne bouge, c’est que le traumatisme physique ou psychique subi dépasse les capacités d’adaptation du patient. Le crâne est dur comme un casque de moto.

Mes premiers gestes iront donc dans le sens de redonner de la mobilité au crâne. Retrouver du mouvement. Sortir de la pétrification liée à la stupéfaction afin de pouvoir se remettre en marche.

La suite de l’écoute crânienne montre que Paul s’est coupé de l’écoute de lui-même depuis longtemps, qu’il est dans une hyper-vigilance de chaque instant comme si chaque seconde pouvait le conduire à la catastrophe et qu’il fallait donc tout surveiller, tout contrôler…

Mais d’autres informations plus centrales du crâne viennent parler directement de sa conception. Dans mes mains, certains os crâniens montrent qu’il y a quelquechose de l’ordre du déni de grossesse dans l’histoire de Paul.  Je lui demande alors s’il connaît les circonstances de sa conception et du début de sa grossesse.

Paul connaît très bien son histoire. Ses parents sont mariés depuis très peu de temps lorsque sa mère tombe enceinte et ils n’attendaient pas d’enfant si vite. Ils sont en train de monter leur commerce et ils n’ont pas de temps à consacrer à un enfant. La conception de Paul se fait donc dans une absence totale de désir d’enfant et la grossesse est vécue par la maman comme une gêne alors qu’elle préfère se consacrer à son commerce. Sa maman vit alors cette période comme si elle n’était pas enceinte. Elle est à fond dans son commerce, dans les sorties avec son mari (ils sont encore très jeunes tous les deux)… et quand vient le moment de l’accouchement… rien n’est prêt !  Pas de chambre, pas de vêtements…. un peu comme si l’accouchement arrivait par surprise.

Dans les séances de Somatopathie, je ne suis pas là pour porter le moindre jugement sur les parents du patient. Chacun a été ce qu’il a été pour de multiples raisons. En revanche, il est important de comprendre le vécu du patient dans le contexte.

Et le contexte de développement embryonnaire et de la croissance du patient dans le ventre de sa mère est porteur d’une grande angoisse existentielle : faute de regard, de désir de ses parents pour l’enfant  venir, faute de conscience de la maman pendant la grossesse, Paul n’est pas porté naturellement par ses parents. Il grandit dans une absence de sens de sa propre existence et une absence de regard.

Il va donc développer une stratégie de survie qui s’appuie sur une écoute empathique de l’autre dans le but de trouver comment établir le lien : non pas naturellement par ce qu’il est, mais par ce qu’il fait.  Il doit faire pour être reconnu. Il doit réussir pour être en lien. Il doit faire pour exister.

Paul deviendra donc quelqu’un de condamné à réussir. Et il réussira.

Jusqu’à ce que l’absence de sens le rattrape. Pendant des années la réussite de Paul a suffit à donner du sens à son existence… et puis un jour quelque chose cloche : la suite de la séance de Paul (un autre suture crânienne très caractéristique) permet de mettre alors le doigt sur le déclencheur : le patron de la chaîne de magasins a remis en cause les qualités de gestion de Paul et lui donnée des objectifs inatteignables. Or Paul avait noué avec cet homme une relation dans laquelle Paul se sentait reconnu, porté, valorisé. Compensation de la relation qu’il n’avait pas pu nouer avec son propre père. Paul a reçu ces reproches comme un coup de poignard. D’un coup il a perdu ce qui donnait du sens.

Et sur la table dans le cabinet, tout le lien entre les attentes qu’il avait nourries autour de cette relation et la souffrance dans la relation avec son père s’assemblent tel un puzzle. Paul est dévasté. Pour la première fois, les larmes coulent. La colère ne fait plus rempart.

La fin de la séance cherchera l’apaisement, l’harmonisation. Cette première séance fut une «grosse» séance. Lorsque Paul se relève son regard n’est plus éteint. Une lueur d’espoir est apparue. Il sourit

Il ne voit plus son burn-out comme un cataclysme mais comme une opportunité. Il a pris conscience qu’il traverse une étape de réparation et qu’il lui faudra du temps.

Je ne vais pas raconter les séances suivantes. Comme avec un oignon que l’on épluche, d’autres émotions, d’autres souffrances, seront mises à jour au fil du temps. Toute la construction issue des conditions spécifiques de la conception et du début de la grossesse va progressivement tomber.

L’accompagnement de Paul aura duré huit mois avec une séance toutes les 3 à 6 semaines selon les périodes. Aujourd’hui Paul est en reconversion professionnelle. Sa femme est venue pour quelques séances. Leur couple est en train de repartir sur de toutes nouvelles bases, beaucoup plus harmonieuses.

Somatopathie : un cas de migraine

Tempête

Cet article est le quatrième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Quand j’ai reçu Julie, 12 ans, accompagnée de sa maman, cela fait déjà 8 mois qu’elle souffre de terribles migraines plusieurs fois par semaine.

De vraies migraines. De celles qui la clouent au lit et lui font rater l’école plusieurs fois par semaine depuis que cela a commencé. Aucun traitement n’a fait effet jusque-là.

L’écoute crânienne montre de très fortes tensions associées de multiples sutures en lésion. Julie porte en elle la marque de plusieurs traumatismes de séparation dans le tout début de son existence. Quelque chose de son histoire primitive est en train de remonter à la surface : « j’ai tendance à me sacrifier pour mes parents ». Et quand je l’évoque, Julie et sa maman confirment. Julie est toujours à l’écoute de son père, de sa mère, faisant régulièrement passer ses envies au second plan, dans un souci constant de rendre service à l’un comme à l’autre.

Pour tout un chacun, Julie est une jeune fille en or… Elle est tellement facile à vivre.

Mais cette apparence idéale cache une réalité plus complexe. La suite de l’écoute crânienne montre que tout cela prend racine dans les débuts de la grossesse. Quand Julie est conçue, il n’y a pas de projet d’enfant entre les parents. Elle est un « accident ». Et quand les parents réalisent que la grossesse est en cours, ce n’est pas le moment. Ils sont encore jeunes et tous deux dans un projet professionnel qui les accapare beaucoup. Alors les futurs parents ne sont pas disponibles pour créer un lien affectif fort avec ce fœtus en plein développement. Et cette absence de regard crée, dans les touts débuts de l’existence in-utero de Julie, un stress majeur. C’est ce regard convergent des deux parents dès le début de la grossesse qui donne le sens de l’existence de Julie… en son absence, Julie va porter en elle ce manque de regard et la nécessité de le retrouver.

C’est pourquoi, dès sa venue au monde, elle mettra en œuvre des stratégies afin d’attirer ce regard vital pour elle. Elle se mettra ainsi dans une empathie destinée à lui permettre de sentir les besoins des autres plutôt que les siens afin de trouver toutes les opportunités de rendre service… Jusqu’à s’oublier elle-même.

L’ensemble des tensions que cela va produire en elle se situe essentiellement entre la base du crâne et les yeux.

En libérant progressivement le crâne de Julie, je l’invite à se demander ce qui s’est passé un peu avant le début de ses migraines, il y a huit mois. Étant donné ce que j’ai déjà verbalisé au sujet de l’origine de toutes les tensions que porte Julie, elle fait le lien très vite : quelques jours avant le début de ses migraines, Julie a compris que ses parents envisagent de se séparer. Alors, dans un sursaut d’empathie, elle s’est sentie responsable de cette séparation, avec le désir de trouver le moyen de réparer la relation entre ses parents. Ce faisant, elle se sentait incapable d’en parler avec eux, et tout autant impuissante.

Les larmes de Julie coulent doucement tandis qu’elle exprime tout cela. La maman est stupéfaite, mais extrêmement attentive et bienveillante.

Quand la séance se termine, Julie et sa maman échangent un regard que je n’oublierai pas.

Je préviens Julie qu’il n’est pas impossible que son corps réagisse à la séance par une nouvelle migraine dans les trois jours, mais que cela devrait commencer à s’apaiser ensuite.

 

Je reverrai Julie 3 semaines plus tard. Effectivement, deux jours après la séance elle a refait une migraine beaucoup plus légère.

Et ce fut la dernière. Elle n’en a jamais refait depuis et elle commence doucement à redevenir un enfant qui s’écoute et se fait plaisir.

 

L’histoire de Julie est typique de ce qui peut se passer en somatopathie chez un enfant. Les résultats sont souvent plus rapides.
Chez un adulte, le travail sur une migraine peut nécessiter plusieurs séances mais généralement, dès la première, on constate déjà une nette amélioration.

Somatopathie : un cas de cancer du sein

Cet article est le troisième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Quand Karine vient à mon cabinet, elle vient d’apprendre depuis quelques semaines qu’elle développe un cancer du sein gauche. Elle a 38 ans, trois enfants de 10 à 16 ans et est mariée depuis 18 ans.
Une de ses amies lui a parlé de la somatopathie et, au-delà de guérir rapidement, elle veut comprendre ce que son corps est en train de vouloir exprimer.

Elle est fatiguée, cette annonce a provoqué en elle un grand choc, d’autant que l’oncologue parle d’une forme relativement virulente. Un protocole de chimiothérapie est mis en place et la première chimio est prévue dans une semaine.

Lors de la première séance de somatopathie, l’écoute crânienne montre une très grande peur de la mort d’un homme. Karine est surprise. Elle avait complètement oublié de l’évoquer : il y a 2 mois, son fils a eu un très grave accident de voiture et est resté deux semaines en soins intensifs entre la vie et la mort. Ce fut une terrible épreuve pour elle car elle l’avait autorisé à partir pour une soirée chez des amis et l’accident est survenu alors qu’il rentrait de la soirée dans la voiture d’un copain à lui.

Karine a en gardé un immense sentiment de culpabilité. « J’aurais pu tuer mon fils ». La suite de la séance nous apprendra l’importance de cette phrase.

Je ne vais pas détailler toutes les corrections crâniennes de cette première séance… ce qui est caractéristique, c’est que très vite, le crâne montre qu’un ou des organes portent des mémoires de l’histoire familiale. C’est généralement le cas lors d’un cancer du sein.

L’écoute manuelle des organes montre trois organes concernés : le sein gauche, le poumon gauche et la rate. Tout cela me montre qu’il y a probablement eu une grande souffrance de la grand-mère maternelle lors de la perte d’un enfant, perte dont elle se serait sentie coupable.

J’interroge alors Karine. Connaît-elle l’histoire de sa grand-mère maternelle ? Cette dernière aurait-elle perdu un enfant en bas âge ?

Karine connaît l’histoire. Sa grand-mère maternelle a perdu sa première fille alors qu’elle avait 1 à et demi. Elle lui avait donné quelque chose à manger et sa fille s’est étouffée devant elle et en est morte. Inutile de dire que la grand-mère ne s’en est jamais vraiment remise, d’autant qu’à l’époque, on n’allait pas voir un psychologue ou un psychothérapeute dans ce cas !

En somatopathie, lorsqu’on trouve un organe « figé », c’est que le patient porte dans son corps, la mémoire traumatique vécue par le grand-parent comme si le patient lui-même avait vécu ce traumatisme. Cela peut paraître étrange, mais des découvertes récentes en épigénétique tendent à montrer que cette transmission se fait par l’ADN.

Mais peu importe, notre écoute manuelle se vérifie systématiquement. Même si nous ne savons pas comment se fait la transmission, la mémoire est bien là et est active chez le patient. Elle agit comme un terrain d’hyper sensibilité émotionnelle sur un type d’émotion particulier.

Dans le cas de Karine, c’est comme si elle avait déjà perdu, par le passé, un premier enfant et qu’elle s’en était déjà sentie responsable.
Alors quand elle apprend l’accident de voiture de son fils, qu’elle accourt aux urgences et qu’elle le découvre entre la vie et la mort, tout bascule. Il est évident que, pour toute mère, le choc serait rude… Mais le contexte émotionnel qu’elle porte de sa grand-mère va déclencher une réaction très forte de l’organisme car, dans son corps, c’est comme si elle a déjà perdu un enfant… C’est donc, du point de vue émotionnel, comme si cela se reproduisait encore… et c’est cela qui va se traduire, chez Karine, par ce cancer du sein… comme un écho à la souffrance de sa grand-mère qu’elle porte et doit entendre.

Lors de cette première séance, les pièces du puzzle viennent brutalement de s’assembler dans la tête de Karine. Elle n’a rien appris qu’elle ne savait déjà… mais une profonde connexion vient de s’établir sur des niveaux qui étaient jusque-là inconscients… et au-delà de la verbalisation, les corrections somatopathiques vont commencer à faire effet.

Dans les trois semaines qui vont suivre, Karine va sentir de nombreuses émotions revenir à la surface, s’exprimer, et une détente en train de se faire en elle. Quand nous nous revoyons lors de la séance suivante, la première chimio a déjà eu lieu et son corps est mis à rude épreuve. D’autres techniques somatopathiques serviront à aider les organes à mieux supporter le traitement.

Nous nous sommes revus pendant cinq séances espacées de 3 semaines. Raconter tout ce qui a continué à s’exprimer via le corps dans les séances suivantes serait bien long. Progressivement, d’autres pans des mémoires de l’histoire familiale, grand-paternelle cette fois, sont remontées à la surface. Comme souvent, les deux histoires familiales de nos parents font miroir.

Ce qui est notable dans le cas de Karine, c’est que la virulence du cancer a baissé de façon tellement spectaculaire que l’oncologue lui-même n’a pas compris ce qui s’est passé.

Karine a respecté scrupuleusement les chimiothérapies et a finit par faire une opération… finalement moins invasive que prévue. Et surtout, après l’opération, elle a récupéré extrêmement vite, à la surprise de son entourage. Je continue à l’accompagner mais de façon beaucoup plus espacée.

L’expérience montre que, lorsqu’on a fait le travail préalable de décodage et de libération des mémoires émotionnelles à l’origine d’une pathologie, le traitement ou l’opération est beaucoup mieux toléré… la récupération beaucoup plus rapide.

A contrario, faire une opération sans cette préparation revient à supprimer en nous un symptôme… mais pas le terrain émotionnel qui l’a induit. C’est comme si on refusait d’entendre ce que notre corps veut nous dire. Du coup il arrive que suite à l’opération le patient se sente très mal émotionnellement car l’émotion qui s’exprimait via le corps a perdu son moyen d’expression… et risque de chercher un autre moyen d’expression ailleurs, d’où des risques de mal-être, rechutes ou de transfert sur une autre forme de pathologie.

Comme je le dis toujours, la somatopathie ne se substitue jamais à une consultation médicale, à des traitements ou opérations quand c’est nécessaire. Sur un cancer par exemple, je n’interviens jamais dans le choix de la patiente vis à vis de la chimiothérapie, de l’opération, etc… Au contraire, j’inviterai toujours la patiente à se réapproprier son choix. En revanche, le travail en somatopathie peut très largement potentialiser l’efficacité de l’approche médicale retenue en rétablissant le lien entre le corps et la psyché

Somatopathie : un cas de sciatique

sciatique

Cet article est le deuxième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Lorsque Camille, jeune fille de 18 ans, vient à mon cabinet sur les conseils de sa mère qui est déjà une de mes patientes, elle souffre d’une très vive douleur dans la fesse droite depuis deux jours. Elle garde le sourire, mais quand elle avance dans le cabinet, il est évident que marcher est une torture. L’entretien préalable n’apporte pas vraiement d’élément : la douleur est apparue soudainement sans raison apparente.

Camille s’allonge tant bien que mal sur la table. L’écoute crânienne ne montre aucune information… ou plutôt une seule… l’origine est à chercher sur un organe. Tant que l’organe n’aura pas été corrigé, le crâne restera « muet ». Etant donné la localisation des douleurs, je vais directement « écouter » les organes du petit bassin (ovaires, utérus, vessie). L’écoute somatopathique se fait avec la main posée à même la peau, à l’aplomb de l’organe recherché, comme si la main était un sonar qui explore la profondeur. L’ovaire droit est « figé »… jargon de somatopathe qui exprime une absence de mouvement associée à une sensation de rétraction tissulaire, comme si l’ovaire se recroquevillait sur lui-même. Il y a donc une grosse souffrance émotionnelle au niveau de l’ovaire droit, ce qui nous parle d’une peur, d’une souffrance en lien avec la reproduction, la descendance.

J’interroge alors Camille afin de savoir si elle a un enfant. Elle est surprise par ma question mais son visage blémit. Elle « m’avoue » alors qu’elle s’est retrouvée enceinte quelques jours plus tôt, qu’elle a pris une pilule du lendemain, et ques ses parents ne sont pas au courant. Nous avons donc vraisemblablement le déclencheur de cette sciatique. Néanmoins, le type de sensation trouvée sur l’ovaire (figé) met en évidence que ce déclencheur vient s’exprimer dans un contexte où la patiente porte déjà une souffrance du même type vécue par un grand-parent. Dans ce cas, vraisemblablement la grand-mère paternelle.

Je demande alors à Camille si elle connait l’histoire de sa grand-mère paternelle par rapport aux grossesses qu’elle a pu avoir. Camille est au courant. Ce n’est pas si fréquent. Parfois le patient ne connaît pas l’histoire familiale, parfois même s’agit-il de secrets de famille. Cela n’empêche pas le travail de somatopathie, mais il est important pour le patient de savoir que l’intensité ressentie actuellement est liée en partie au terrain émotionnel de ses ancètres. Dans le cas de Camille, sa grand-mère paternelle s’est retrouvée enceinte du père de Camille alors qu’elle n’avait que 17 ans. Le père de cet enfant ayant alors disparu de la circulation, la grand-mère paternelle a été contrainte par sa famille à un mariage forcé avec un homme plus agé qui a reconnu l’enfant à venir, père de Camille, donc. Par conséquent, Camille porte en elle, à son insu, une grande peur de tomber enceinte et de reproduire le vécu traumatisant de sa grand-mère. Sans nier le fait que cette grossesse non désirée déclenchait déjà une émotion chez ma patiente, le terrain émotionnel qu’elle porte de sa grand-mère paternelle vient décupler le ressenti, les peurs.

Les mots ayant été posés, je fais les corrections somatopathiques visant à faire lâcher les tensions émotionnelles de l’ovaire droit. Puis un petit travail local des structures musculaires périphériques finissent de relâcher la région. Le crâne montre alors les sutures en lésion associées à l’événement traumatique (la grossesse non désirée et l’ivg) qui était jusque là occulté, non mis en lien par la patiente avec sa sciatique. La correction de ces sutures et une harmonisation globale crâne/sacrum terminent la séance.

Camille se relève et n’a déjà plus de douleur. Il reste encore une légère mémoire de tension musculaire qui va s’évacuer très vite. Son regard est devenu lumineux : elle vient en même temps de se soulager d’une très grande émotion qu’elle n’avait pu partager avec personne. elle repart avec le sourire. Je la reverrai quelques semaines plus tard : toute douleur avait disparu le lendemain de la séance.

Cette séance n’est qu’un exemple de séance lié à une sciatique. Il y a tellement d’origines possibles que seule l’écoute du corps permet de mettre le doigt sur l’origine émotionnelle vécue et parfois héritée de l’histoire familiale en lien avec cette douleur… puis sur la localisation des tensions musculaires associées. Mais cette séance montre l’influence croisée d’un événement vécu (déclencheur) avec la mémoire émotionnelle transgénérationnelle d’un autre événement vécu par un grand-parent. Nous trouvons souvent cette conjonction en somatopathie. Et j’aurai l’occasion d’en reparler dans un prochain article.

Somatopathie : un cas d’otite

SOMATOPATHIE - Un cas d'otite - Eric Malausséna

Cet article sera l’occasion de débuter une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Je vais commencer par le cas tout simple d’une consultation en urgence qui se traite généralement en une séance. Une maman m’amène sa fille de 15 ans pour une double otite très douloureuse. Sa fille est très mal en point depuis plusieurs jours. Elle réagit habituellement très bien à l’homéopathie mais cette fois, même l’homéopathe (que je connais et qui est un excellent praticien) déclare forfait et envisage le recours aux antibiotiques.
La maman n’est pas très chaude sur cette option et vient au cabinet en dernier recours avant de passer aux antibiotiques.

L’écoute crânienne est sans équivoque. L’absence totale de mouvement (le crâne est dur comme un casque de moto) montre que la jeune fille est en détresse par rapport à une situation psychologique dans laquelle elle se sent coincée. Les deux temporaux (les os correspondant aux oreilles internes) sont bloqués d’une façon qui montre une grande souffrance de communication. Et une suture crânienne de la face montre que l’enfant est dans une problématique de vécu abusif.

J’interroge alors l’enfant sur une éventuelle altercation dans les jours précédant cette otite. L’enfant s’exprime alors sur une très violente dispute avec sa sœur aînée, cette dernière ayant littéralement humilié ma petite patiente. L’émotion est revenue à la surface, les sanglots sortent.

Cette étape est importante. Même si dans la suite de la séance, je vais apporter des gestes de corrections pour libérer les zones de tension qui ont été engendrées par cette forte émotion, la prise de conscience par la patiente de l’origine, du fait déclencheur de son mal permet à l’inconscient de se remettre au repos : la souffrance non exprimée jusque-là a été entendue.

J’aurai des nouvelles le lendemain matin : les douleurs ont commencé à disparaître dans la nuit et, au matin, tout est rentré dans l’ordre.

L’enfant est apaisée, et la maman ravie d’avoir pu éviter les antibiotiques.

Loin de moi l’idée d’inviter tous ceux atteints d’otite à venir à mon cabinet (il y a des médecins généralistes pour cela et je ne serai jamais en capacité de recevoir autant de solliciterions !). Cette maman avait pensé à moi car elle venait déjà me consulter pour ses propres besoins.

Mais ce cas est assez typique de la façon parfois violente avec laquelle le corps réagit lorsqu’une émotion forte est réprimée.

En tous cas, si vous avez une tendance chronique à faire des otites, l’approche de la somatopathie peut réellement aider à mettre le doigt sur le message qui n’arrive pas à être entendu.

Et, je ne le répéterai jamais assez, le travail en somatopathie ne se substitue jamais à une consultation médicale.