Eric Malausséna Somatopathe

Quand la chenille devient papillon...

Catégorie : Somatopathie : un cas de… (page 1 of 2)

Meilleurs Vœux 2019 !

Beaucoup d’entre nous ressentons une grande fatigue en cette période de passage vers la nouvelle année. Je n’y échappe pas. Dans ces moments-là, on peut observer des émotions remonter à la surface, nos systèmes de défense habituels jouant moins leur rôle protecteur. 

La tentation est grande d’y voir un échec personnel, de se dire : « c’est reparti », « malgré tout ce travail sur moi »… et de vouloir contrecarrer ce mouvement intérieur par des « il faut que… je me bouge, je ne me laisse pas aller voire je me botte le derrière ». 

Ce faisant, nous repartons dans un fonctionnement insidieux : nous luttons afin de ne pas nous écouter justement au moment où une part de nous essaye de se faire entendre.  

Et si nous tentions une toute autre approche ?

Parfois « je n’ai plus aucune envie » est juste l’expression la plus profonde d’un besoin de réparation dans un univers de performance, de dépassement de soi. Un désir tend à nous mettre en mouvement. Nous aimons généralement cette énergie qui nous anime et peut nous faire soulever des montagnes. En même temps, c’est valorisant. Nous voilà acteurs du monde et sur le chemin du succès. 

Alors qu’avoir envie de rester sous la couette, dans son canapé… c’est moins gratifiant du point de vue du regard que l’on attend de notre entourage. Ne pas rester sans rien faire… comme une réminiscence d’une injonction parentale désapprobatrice.

C’est oublier que tout notre organisme fonctionne selon des cycles. Le plus évident étant celui de la journée avec les alternances de veille et de sommeil. Lutter pour ne pas dormir alors que notre corps réclame naturellement ce repos réparateur est déjà une absence d’écoute intérieure. Une dette chronique de sommeil se paye cher à la longue. Les neurosciences ont mis en évidence le rôle majeur du sommeil sur les fonctions cérébrales. 

Mais il est des cycles plus longs à l’œuvre en nous. Comme tout le reste de la nature nous sommes aussi soumis au cycle des saisons. Avec l’automne et l’hiver, force est de constater l’impact sur les animaux et les plantes. La sève redescend. Les feuilles tombent. Certains animaux entrent en hibernation… Tout invite à un retour vers soi. À une réparation plus profonde encore. 

Laissons un peu de côté les images des magazines, les photos Facebook ou Instagram où chacun se complaît à se montrer plein d’énergie, joyeux, heureux… sorte d’injonction au bonheur marque d’une soit-disant réussite qu’il faut étaler à la face du monde. 

Sortons de cette espèce de compétition… et remettons nous à l’écoute. De quoi ai-je vraiment envie, maintenant ? Juste pour moi. 

Peut-être les envies sont-elles redescendues comme la sève. Accueillons ce mouvement sans le considérer comme un problème mais plutôt comme un mouvement naturel de notre énergie qui a besoin de se régénérer. Autorisons nous ces besoins de repos, de calme, de méditation. Trouvons la forme qui nous correspond. Ne nous inquiétons pas de ces redescendes. L’énergie reviendra inévitablement, et ce d’autant plus que nous aurons pu laisser libre cours à son mouvement. 

Comme le dit si joliment Christian Bobin : « La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin, au réveil. »

Tout est cadeau. Ce mouvement de l’énergie en nous est cadeau. Il nous est donné par la Vie elle-même. Cesser de lutter contre… c’est laisser la paix s’établir en nous. 

Alors en cette entrée dans 2019, je vous souhaite de trouver cette paix intérieure au-delà des vicissitudes, au-delà des hauts et des bas, en cessant de s’accrocher pour rester tout le temps en haut. Je vous souhaite la santé tout en accueillant les messages de votre corps lorsqu’il se manifeste à vous. Je vous souhaite beaucoup d’amour, à commencer par un regard bienveillant sur vous-même quoi qu’il advienne. 

De tout cœur avec vous 🙏🏻🙏🏻🙏🏻

Joyeux Noël à tous

J’ai envie de partager avec vous cette magie que sait si bien mettre en images Hayao Miyazaki. Cette petite vidéo compile quelques magnifiques scènes extraites de ses films (Nausicaä de la vallée du vent, Le château dans le ciel, Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké…). Le tout est divinement accompagné par les compositions de Joe Hisaishi qui a écrit les musiques de toutes les œuvres de Hayao Miyazaki…

Je vous laisse à la magie de ces deux grands maîtres et Joyeux Noël !

Tribute to Hayao Miyazaki
(Cliquer sur l’image pour voir la vidéo)

Somatopathie et cheminement personnel : séminaires 2019

Somatopathie et cheminement personnel

Pour ceux qui me suivent sur Facebook, j’ai déjà annoncé la mise en place de séminaires d’une journée en 2019.

J’ai aussi dédié une page à ce sujet sur ce site, mais elle n’est pas dans le blog. Elle se trouve ici, depuis le menu principal.

J’écris donc cet article à la fois pour que ceux qui lisent ce blog sachent que des séminaires “Somatopathie et cheminement personnel” vont être mis en place en 2019 et qu’une page d’explications est dédiée, mais aussi pour revenir sur l’objet de ces séminaires.

Ces séminaires s’adressent à tous ceux qui sont prêts à consacrer une journée de leur temps pour aller explorer de façon plus intense ce qui entrave leur élan vital et s’exprime dans leur corps. Certains auront déjà tout un parcours de développement personnel derrière eux, d’autres en seront au stade de la prise de conscience de la nécessité de la plongée dans les méandres de leur intériorité. Certains auront peut-être déjà fait des séances de somatopathie, d’autres non.

Peu importe.

Ce qui va se passer sur une journée dépasse le cadre d’une séance classique telle que je la pratique à mon cabinet. Au fil de la journée, chacun va plonger dans sa propre histoire, dans ce qui émergera dans l’instant… mais aussi dans l’histoire et l’émergence des autres participants. Et comme toujours, il n’y a pas de hasard si les histoires des uns et des autres résonnent entre elles. Ce qui rend une telle journée particulièrement intense, c’est que nous pouvons être parfois encore plus touchés par l’histoire de l’autre, par sa prise de conscience… parce que nous ne mettons pas en place les mêmes barrières intérieures lorsque nous ne pensons pas être concernés en premier abord.

Les séances de chacun seront entrecoupées de moments de partages, de méditations… donnant autant d’opportunités de nous mettre en état d’accueillir ce qui émerge en nous.

Un seul mot d’ordre : bienveillance.

Chaque instant est l’occasion unique de nous accueillir tels que nous sommes
Car ce que nous sommes n’est jamais le problème
Et nous pouvons être celui qui ouvre enfin les bras à cet enfant intérieur qui cherche ceux dans lesquels se blottir.

 

Je reste à la disposition de ceux qui auraient besoin d’explications complémentaires (via le formulaire de contact), sachant qu’une telle journée reste une plongée dans l’inconnu.

 

Somatopathie : Couper le cordon

 

Notre corps exprime à sa façon la souffrance que nous n’accueillons pas en nous. Celle que nous n’entendons plus… soit parce qu’il était urgent de ne pas se laisser submerger par elle, enfant, soit parce que nous avons fini par ne plus nous écouter… et donc ne plus nous entendre… coupés de ce qui pousse au plus profond de nous, parfois bien caché sous des tonnes de gravas : l’aspiration à être.

Bien entendu, nous sommes. Mais l’espace dans lequel la Vie en nous peut s’exprimer est plus ou moins contraint selon notre vécu, notre héritage émotionnel, et la relation que nous entretenons avec ce vécu ou cet héritage. Car le passé ne se réécrira jamais. Notre seule marge de manœuvre se situe dans la façon dont nous accueillons ce passé, cette histoire héritée en nous.

Bien souvent les émotions associées à cette histoire ont dépassé notre capacité d’accueil du moment. C’est alors que le corps a pris le relais, servant d’espace de stockage à ce qui n’a pas pu s’exprimer… sortir de nous. Et plus le temps passe, plus le corps paye cher cette émotion qui reste emprisonnée dans les cellules. Progressivement, nous apprenons alors à ne pas retourner dans les situations qui ont engendré des émotions qui n’ont pas pu être accueillies. Notre espace vital se réduit alors d’autant. Perdant de plus en plus de marges de manœuvres, jusqu’à ce que le corps lui-même montre, par ses blocages physiques ou certaines maladies, que notre propre vie est sous contraintes. Nous avons laissé les autres, l’extérieur, conditionner notre propre vie, notre espace d’expression de nous-même.

Le fœtus, arrivé au terme de la grossesse, est lui-même dans un espace contraint. S’il n’en sort pas… il meurt. Mais même une fois sorti, il est encore relié au placenta par l’intermédiaire du cordon ombilical. Et ce cordon devra être tranché à un moment où un autre (le sujet n’est pas sur le moment opportun de le couper, là n’est pas la question). Pour vivre, se développer, grandir extérieurement et intérieurement, le nouveau-né doit être sorti de sa mère, séparé du placenta dont il n’a plus besoin et vivre ce qu’il porte de vivre afin de devenir autonome. Tout l’enjeu sera alors de lui offrir un cadre sécurisant dans lequel il apprend à exprimer sa joie de vivre.

C’est pareil plus tard… autour de notre histoire (mal) vécue, de notre héritage émotionnel (non exprimé), nous avons pu créer en quelque sorte un pseudo-ventre maternel dans lequel nous étouffons. En cherchant à nous mettre à l’abri nous restons bloqués dans notre propre développement. Alors que, d’une façon ou d’une autre, la Vie continue à pousser en nous.

C’est ainsi que la somatisation joue son rôle. Au travers de son expression dans notre corps, le plus souvent par des douleurs ou un mal-être, la Vie nous invite à venir voir ce qui se passe. À ressentir cette étroitesse dans laquelle nous nous sommes installés et que nous ne percevons même plus. C’était tellement plus simple de se conformer aux attentes de maman ou papa, d’être gentil avec les autres, de faire passer les amis, les collègues avant ce qui est juste pour nous… pour obtenir leur validation sur notre propre droit à être… dans l’espace qu’ils nous laissent… parce que nous avons laissé à l’autre ce pouvoir de définir notre espace.

Au fil des séances avec mes patients, une prise de conscience se fait autour des émotions qui ont créé cette limitation. Et petit à petit, vient le moment d’en sortir. De faire le deuil d’une histoire dont aurions rêvé (et qui a été ce qu’elle a été) afin d’accueillir la souffrance et la laisser s’exprimer.

Il nous est proposé à tout moment de nous redonner naissance, de sortir de cet espace contraint qui nous a servi de protection, afin de reprendre notre autonomie, de retrouver notre élan vital et son expansion… d’aller dans le monde, dans ce qui est juste pour nous.

La Vie nous invite à couper le cordon.

De la Somatopathie à l’Aventure Intérieure

Ceux qui ont lu les articles précédents ou qui viennent à mon cabinet ont souvent découvert ma pratique au travers d’une demande le plus souvent centrée sur le corps : tant les douleurs physiques (vertébrales, articulaires, musculaires, tendineuses, viscérales, névralgiques, crâniennes…) que les difficultés émotionnelles associées à ces somatisations (peurs, angoisses, tristesses, deuils, surmenages, infertilités, insomnies…), souffrances dans la sexualité, l’accompagnement de la grossesse et l’accueil du nouveau-né…

J’accompagne mes patients depuis des années dans les méandres de ces souffrances accumulées et dont le corps porte le douloureux témoignage.

Certains ont déjà fait un travail personnel, soit dans un accompagnement psycho-thérapeutique, soit dans une démarche plus spirituelle… et la rencontre avec la somatopathie leur permet le plus souvent une intégration avec le travail déjà accompli. Parfois la mémoire du corps résiste à l’investigation analytique et il peut être profitable de faire lâcher dans le corps ce qui a pourtant été déjà bien assimilé par la tête. Comme une pièce de puzzle manquante. Et d’un coup tout prend sens.

Pour d’autres, la Somatopathie est un point de départ. Notre culture n’a pas fait la part belle à notre propre écoute intérieure, loin s’en faut ! Et découvrir que le corps essaye de nous parler, que cela a du sens de s’écouter, et que c’est même vital… peut être une révolution pour certains. Une ouverture de conscience se fait à une dimension inconnue jusque là.

Parmi ceux-là, adultes ou enfants, il y a aussi ceux qui sont “surdoués” et  qui l’ignorent. Comme c’est une sujet qui me concerne tout particulièrement et qu’il a entraîné pas mal d’incompréhension dans ma vie, je lui accorde un petit aparté dans cet article. Ces personnes, dont je ne reprendrai pas la liste des caractéristiques, ont notamment une hypersensibilité, une hyperémotivité et un besoin de sens hors du commun. Et c’est souvent ce qui les amène un jour ou l’autre dans mon cabinet, le plus souvent pour un motif émotionnel fort : dépression, burnout, ne supporte plus la scolarité, trouble de l’attention, relation toxique avec un pervers narcissique, etc… Le travail en Somatopathie associé à mon expérience du sujet va alors nous conduire à la question de la relation au sens de sa propre existence, non pas sur un plan psycho-thérapeutique, mais dans une reconnexion à sa propre capacité à sentir ce qui est bon pour lui, ce dont il a vraiment envie, ce qui fait sens pour lui. Si c’est un enfant, en plus, cela me permet de faire prendre conscience aux parents de la spécificité de leur enfant et d’envisager de le regarder d’une autre façon, quitte à leur proposer de faire passer les tests de Wechsler (improprement appelés tests de QI) ou de les diriger vers des personnes qui ont des outils adaptés pour les aider à se remettre en selle et à se projeter.

Dans tous les cas, “surdoué” ou pas, au-delà de la disparition des symptômes de départ, la poursuite du travail somatopathique peut se faire pour celui qui veut approfondir sa quête de sens. Le contenu de la séance évolue alors quelque peu. Il peut y avoir une phase d’entretien beaucoup plus longue et moins de “gestes” somatopathiques. Avec certains de mes patients qui sont dans cette démarche, les séances peuvent se traduire parfois uniquement par un entretien, prolongement des prises de conscience des séances précédentes.

En écrivant ceci, je sais que cela ne concerne pas la demande de tous. Et c’est bien normal ! Chacun son chemin. Mes autres articles parlent de l’essentiel de ma pratique.

Mais, à ceux que l’Aventure Intérieure passionne, je propose d’élargir le champ d’exploration en intégrant une écoute fine du corps avec des entretiens, plus ciblés sur ce qui est venu perturber le contact avec ce qui fait sens. Ce qui n’exclut pas que, dans certaines étapes, je puisse inviter mon patient à consulter un psychothérapeute (je ne suis pas psychothérapeute -ce n’est pas mon sujet, et j’en connais de très bons).

L’objectif n’est pas de repartir avec des réponses toute faites ! Je n’ai pas VOS réponses. Certainement pas ! Mais dans une écoute de plus en plus subtile avec ce qui se passe dans l’instant de la séance peut émerger une autre façon d’envisager vos questions : VOTRE façon de les aborder, éclairée par les prises de conscience faites en séance.

Objectif essentiel de cette Aventure Intérieure : aller vers une existence qui ait du sens… pour vous !

Cet article est un peu complexe à écrire… comment ne pas trop écrire afin de ne pas enfermer ? Comment tendre la perche à ceux qui sont en demande ? Et le sujet pourrait demander un livre entier, voire plusieurs ! Ce n’est pas l’objet de ce petit article. Alors si cela vous parle, vous pouvez me téléphoner au besoin pour en discuter, ou m’écrire via le formulaire de contact.

Never give up (n’abandonne jamais)

Je rebondis sur ce magique court-métrage de l’école des Gobelins : Burn Out.

Il parle avec poésie de nos renoncements d’adulte quant à nos rêves d’enfant. Et cela rejoint tellement ce que je constate régulièrement dans ma pratique de somatopathe…

Pour bien des patients que j’accompagne, le chemin passe par le fait de reprendre contact avec son élan vital intérieur, ses désirs les plus profonds, ceux qui nous nourrissent vraiment, avec lesquels nous étions probablement en contact enfant… et sur lesquels le couvercle a été posé… chape de résignation sous couvert de principe de réalité. Coupés de cet élan, nous avançons en adoptant une stratégie de survie que parfois seul un incident (comme dans le court-métrage, une panne) met en cause.

Que ce soit un burnout, une dépression, un accident, une maladie… tout peut être une opportunité pour se reconnecter enfin à cet élan vital longtemps occulté.
C’est ce que je constate tous les jours. Cet « accident de la vie » devient l’occasion d’un nouveau départ… et combien de fois j’ai entendu de la bouche de mes patients (après quelques séances) : cet accident a en fait été la chance de ma vie.
Inutile de dire que cette phrase n’était pas présente spontanément lors de la première séance !

Mais finalement… seul le résultat compte !

Meilleurs Vœux 2018 !

Chaque jour est le premier jour du reste de ma vie…

C’est un peu comme un mantra qui revient sans cesse, notamment lors des consultations : ce moment, cet instant est le premier du reste de sa vie. Et tout se joue dans cet instant.

En tant que somatopathe je travaille sur les empreintes que le passé a laissé en nous… mais fondamentalement, j’accompagne chacun vers une relation radicalement différente à son passé. Comme un travail de deuil. Le deuil d’un passé idéal qui n’a jamais existé, le lâcher-prise d’une histoire que j’aurais rêvée autre… et dont le rêve que je refuse de lâcher bloque l’élan vital essentiel en moi, se traduisant par douleur, maladie.

Cet instant est le premier du reste de ma vie…

C’est mon point de départ, maintenant. Tout ce que j’ai vécu m’a conduit à cet instant. Je ne peux rien enlever de cette histoire sans laquelle je ne suis plus celui ou celle que je suis. La douleur ou la maladie qui me conduit à consulter est juste là pour m’aider à prendre conscience d’un refus conscient ou inconscient que je continue de porter tel un sac à dos.

En accueillant mon enfant intérieur souffrant, je dépose le sac à dos et je réalise alors que la voie devant moi est libre. Peu importe le chemin parcouru.  Je suis à l’instant même où le chemin est toujours disponible devant mon prochain pas.

La voie est toujours libre.

C’est avec un bonheur toujours renouvelé que je continuerai à accompagner ceux qui viendront consulter en Somatopathie avec moi. Certains auront déjà eu l’occasion de découvrir de nouveaux compagnons dans mon cabinet : des diapasons, des bols tibétains… je sais depuis très jeune la puissance des effets du son sur le corps humain et le psychisme, mais ce n’est que depuis peu que l’évidence est apparue dans son intégration à ma pratique. Comme par hasard, au moment de cette prise de conscience, une petite fée Christel m’a initié à la magie des diapasons, des bols, de la voix et autres instruments sonores. J’intègre donc progressivement tout cela dans mes séances en fonction de l’évidence de ce que je ressens. Et il est fort probable que des séances de Sonologie pures seront proposées à certains patients.

Pour moi comme pour chacun, la voie est libre. Le chemin n’est pas tout tracé. À chaque instant, c’est un nouveau sentier qui s’ouvre devant nous.

 

Je vous souhaite d’accueillir en confiance le chemin qui s’ouvre devant vous en cette nouvelle année, quitte à ce que je vous tienne la main pour quelques pas si nécessaire pour retrouver cette confiance.

 

De tout cœur avec vous.

Accueillir son enfant intérieur

J’ai écrit plusieurs articles pour tenter de donner une idée de la démarche que j’adopte dans une séance de somatopathie. Mais je souhaite revenir sur une dimension importante de cette pratique.

La somatopathie met en œuvre une écoute manuelle subtile de différents niveaux d’organisation dans notre corps : lésions de suture, lésions musculaires, blocages du mouvement respiratoire primaire (MRP), blocages énergétiques…

Derrière chacune de ces lésions j’apporte des corrections visant à redonner au corps physique ou subtil le moyen de reprendre son fonctionnement normal. Ces corrections s’appuient sur le principe de l’homéostasie : le corps sait naturellement se réparer à l’intérieur de certaines limites.

Mais si je me limite à ces deux aspects, il manque l’essentiel. L’écoute identifie des lésions, certes, mais par-dessus tout, elle permet de mettre en évidence des émotions. Ce sont ces émotions, ces souffrances, qui, a un certain moment de l’histoire du patient, ont été au-delà de sa capacité à les accueillir. Tout particulièrement dans l’enfance. Et heureusement, de nombreux mécanismes sont en nous afin de nous permettre de continuer à fonctionner à peu près normalement malgré ces souffrances vécues, parfois terribles.

Notre corps a cette capacité à enfouir en profondeur ce qui est insupportable. Bien entendu, même ce mécanisme a des limites. Mais si vous venez à mon cabinet… c’est que ce mécanisme vous a permis de  vivre jusque-là !

Pendant la séance, les corrections somatopathiques sont associées à une verbalisation. Quand c’est nécessaire, je peux être amené à inviter le patient a faire le lien entre ce que je ressens comme un blocage et un type d’émotion vécu. C’est lui qui identifie l’événement référent. Ce faisant, il prend conscience de l’importance de l’émotion ressentie à ce moment-là… et il arrive que cette émotion remonte d´un coup à la surface lorsque je libère les lésions qui emprisonnaient la mémoire de cette souffrance.

Cela peut se faire durant la séance ou dans les jours qui suivent. Et dans ce cas, un seul mot d’ordre : accueillir.

Accueillir cette émotion autant que possible, sans même chercher à comprendre quoi que ce soit. Ni d’où elle vient, ni pourquoi… juste accueillir.

C’est ce geste d’accueil qui, pour plein de bonnes raisons, n’a pas pu être fait sur le moment… il peut être fait désormais.

J’utilise souvent une image avec mes patients. Celle d’une petite fille qui est dans une aire de jeux avec sa maman. La petite fille joue tandis que sa maman est assise sur un banc. Elle tombe et se fait un peu mal. Aussitôt elle commence à pleurer et cherche sa maman du regard puis court vers elle.

Sa maman lui ouvre les bras. L’écoute pleurer, l’écoute lui raconter les circonstances de sa chute… La petite fille exprime sans retenue son émotion. Elle est entendue dans sa souffrance par sa maman qui l’écoute et lui donne le droit de pleurer. Au bout de quelques minutes… c’est fini. L’émotion s’est exprimée. La petite fille a été entendue… elle peut retourner jouer. Il ne restera plus rien de cet événement.

C’est ce qu’il nous est possible de faire maintenant lorsque l’émotion se libère pendant ou après la séance. Nous autoriser à l’exprimer. Et entendre, être à l’écoute de notre enfant intérieur qui ne l’a pas été la première fois. Nous devenons le parent de notre enfant intérieur. Par ce geste, nous prenons notre autonomie en devenant celui qui permet la guérison de cet enfant.

C’est un geste d´amour pour nous-mêmes, pour notre intériorité. Nous cessons de l’attendre de l’extérieur. Et nous réalisons que nous pouvons grandir vers plus de liberté.

Nous devenons acteur de notre guérison.

Somatopathie : un cas d’infertilité

Somatopathie : un cas d'infertilité Cet article est le septième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

 

Quand Aline, 35 ans, vient me voir, cela fait déjà huit ans qu’elle essaye d’avoir un enfant avec son conjoint. Huit années éprouvantes au cours desquelles ont été tentées sur elles toutes les techniques possibles et imaginables destinées à la rendre enceinte. Huit années d’espoirs déçus car tous les examens les plus aboutis sont arrivés aux mêmes conclusions : Aline n’a aucune raison organique identifiable empêchant une grossesse. Aucune anomalie, aucune malformation, rien.

Elle ovule normalement ( d’un seul ovaire) mais aucun œuf ne parvient à se former, ni se fixer ou se développer sur la paroi utérine. Par conséquent toutes les tentatives de fécondation in vitro et d’insémination se sont soldées pas un échec.

 

Lors de la première consultation, Aline a aussi très mal au dos et des douleurs dans le petit bassin.

La séance débute donc par la correction de l’ensemble de la structure. Aline porte de nombreuses émotions depuis des années et cela a entraîné de multiples tensions autour desquelles sa structure s’est adaptée. Comme le dit l’expression populaire : elle en a plein le dos.

Ce «ménage» permet de faire apparaître une souffrance en lien avec sa propre descendance… alors qu’Aline ne m’a pas dit avoir eu d’enfant.

Celle-ci m’explique alors que, vers 16 ans, elle se retrouve enceinte. Aline est très amoureuse de l’homme qu’elle a rencontré mais, dans sa propre famille, il est hors de question de laisser une telle grossesse se poursuivre. Aline doit alors subir une interruption de grossesse imposée par ses parents et ne doit plus jamais revoir cet homme.  Les larmes d’Aline coulent. C’est un vrai cataclysme émotionnel qui revient à la surface pendant la séance. Pour sauver les apparences, rien ne sera plus jamais évoqué dans le milieu familial… comme si tout cela n’était jamais arrivé. Même le mari actuel d’Aline n’est pas au courant.

La séance se termine. Nous n’avons pas fait le tour de tout le sujet mais il faut déjà intégrer tout ce qui est revenu à la surface. Aline décide de parler de tout cela avec son mari d’ici la séance suivante.

 

Quand Aline revient, ce n’est déjà plus tout à fait la même personne. Elle se sent déjà beaucoup plus légère ! Elle n’est pas enceinte mais elle pressent que quelque chose reste possible.

La séance prend alors une toute autre tournure. Le crâne m’invite immédiatement à aller regarder les organes et de nouvelles informations apparaissent : il s’est probablement passé quelquechose dans l’histoire de la grand-mère maternelle en rapport avec le fait d’avoir un enfant. Cela s’exprime clairement sur l’ovaire gauche qui est justement celui qui n’ovule pas, mais aussi sur l’utérus. La souffrance de cette grand-mère est aussi d’ordre sexuel. Aline ne sait rien. Cela n’empêche pas le travail de libération émotionnelle de ces memoires engrammées dans la structure des organes mais je l’invite quand même à essayer de poser des questions.

C’est lors de la troisième séance que j’aurai confirmation de ce que j’avais exprimé : la grand-mère maternelle a été violée à 16 ans (!) par quelqu’un de la famille. Dans le milieu bourgeois de ses parents, on taira tout. La grand-mère sera avortée et le sujet ne sera jamais plus évoqué alors que le membre de la famille concerné continuera à fréquenter la maison.

Aline prend conscience que son histoire résonne singulièrement avec celle de sa grand-mère. Elle prend conscience de la terrible souffrance que cette dernière a dû porter des années durant.

Dans l’histoire d’Aline, son mari n’est pas bien accepté par sa famille. La séance montre qu’elle a besoin de se libérer de son sentiment de trahir les schémas familiaux… Aline sort du cadre.

Au fil des séances, Aline se réapproprie ses choix de vie, a pu accueillir et laisser s’évacuer l’immense souffrance de cette interruption de grossesse imposée alors qu’elle a 16 ans… et la relation avec son mari se transforme radicalement.

Quelques mois après la première séance, Aline est enceinte, le plus naturellement du monde. Le futur papa est présent lors des séances où Aline vient pendant sa grossesse.

Aline est désormais l’heureuse maman d’un adorable garçon.

 

 

De la chenille au papillon : la guérison

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Cet article est le sixième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la Somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Mais contrairement aux articles précédents, je ne vais pas présenter une séance type. J’ai déjà parlé d’otite, de sciatique, de cancer du sein, de migraine et de burn-out. Dans les différents cas présentés, l’approche somatopathique fournit une démarche qui permet d’accompagner le patient vers la guérison.

Seulement il y a un écueil inévitable à ce type de présentation : faire croire que la Somatopathie est un outil de plus pour guérir, que le somatopathe est un guérisseur.

Et sur ce point je tiens à être catégorique : je ne suis pas guérisseur. Je ne guéris personne au sens où on l’entend habituellement. Si quelqu’un m’appelle en me demandant si je suis guérisseur, je réponds systématiquement : Non.

 

Je m’explique.  Dans ma vision des choses, le guérisseur est celui qui a le pouvoir de guérir quelqu’un du mal qui l’habite. Dans la relation guérisseur-patient, le patient est passif. Il vient voir le guérisseur afin que celui-ci lui ôte son mal. Le guérisseur met en oeuvre son savoir-faire et le patient repart guéri. Le patient ne sait pas ce que le guérisseur a fait, et considère que c’est ce dernier qui a tout fait. Le patient a juste confiance en la capacité du guérisseur.

Nous retrouvons le même type de relation avec un chirurgien par exemple. Mon mal nécessite une opération que le chirurgien va réaliser sans ma participation (je suis généralement endormi le temps de l’opération). Je viens voir le chirurgien et me livre à lui (je l’autorise à m’opérer dans mon sommeil, après avoir d’ailleurs signé le plus souvent une décharge de responsabilité). Une fois l’opération réalisée, l’affaire est terminée. Je caricature un peu, mais c’est ainsi dans les grandes lignes.

 

Dans la démarche que j’entreprends avec mes patients, cela n’est pas cela du tout.

 

C’est même une démarche inverse. En tant que somatopathe, je considère toujours que ce dont souffre le patient est l’expression d’une souffrance non mise en conscience. Cette souffrance finit avec le temps par s’exprimer sous la forme d’un symptôme. Ce symptôme peut être directement manifesté (une sciatique par exemple), ou indirectement (lors d’une chute, par exemple, ce n’est pas nécessairement le point d’impact de la chute qui est en lésion, mais la région qui a été préalablement fragilisée par cette souffrance non manifestée).

Il est vrai que, le plus souvent, le patient vient avec son symptôme… et l’explication de son origine : « je me suis bloqué le dos en soulevant un carton ». Dans ma vision des choses, son explication relève encore du symptôme.

 

Mon travail de somatopathe va donc consister en plusieurs actions conjointes :

  • correction de la structure (les os essentiellement),
  • relance de la circulation énergétique et fluidique,
  • évocation du type de souffrance associé afin que le patient puisse faire le lien avec son symptôme

Cette dernière étape est très importante. Tant que « je me suis bloqué le dos en soulevant un carton », je ne prends pas conscience que l’émotion enfouie en moi a créé une faiblesse dans ma structure qui a permis ce blocage du dos. Et si, en tant que somatopathe, je ne fais que corriger sans permettre au patient de faire le lien, alors j’ai traité le symptôme… Et à la prochaine occasion, le symptôme réapparaîtra car la faiblesse est toujours présente.

Continuons l’exemple de notre patient qui a mal au dos. Peut-être que pendant la séance va apparaître une origine émotionnelle sur un rein (c’est l’écoute manuelle somatopathique qui pémet de le trouver). Le rein renvoie à des souffrances autour du territoire. Quand je vais aborder le sujet, le patient va peut-être exprimer que, suite à un changement de direction, il perd son poste dans le site où il travaille et qu’on lui a proposé un autre poste ailleurs en France. Mais, jusqu’à cette séance, il ne voit pas le rapport… Sauf que la séance fait apparaître un rein figé qui m´invite à lui faire faire également le lien avec l’histoire d’un grand-père.  Le grand-père paternel, espagnol, a dû émigrer pour fuir la dictature de Franco et tout laisser derrière lui. Le rein figé veut nous dire que l’histoire de ce grand-père résonne dans le corps du patient comme s’il avait lui-même déjà vécu cette souffrance… Créant en lui une sorte de terrain hyper sensible… Comme un terrain allergique entraînera une forte réaction à un allergène… allergène qui n’induit aucune réaction chez quelqu’un qui n’est pas allergique. Si nous revenons à notre patient, sa situation professionnelle crée un écho à la souffrance vécue par son grand-père et entraîne donc chez ce patient une réaction exacerbée qui s’exprime sous la forme d’une grande tension dans la région du rein et amène les vertèbres proches en lésion.

Je ne vais pas continuer plus loin cet exemple, mais c’est en associant la correction à la prise de conscience par le patient de la souffrance inconsciente associée, voire de la référence dans l’histoire familiale, qu’un autre travail plus profond se met en œuvre.

Les corrections somatopathiques associées à la mise en conscience vont déclencher la remontée à la surface des émotions enfouies… parfois dans les jours qui suivent la séance. C’est là que le patient doit accueillir ce qui remonte à la surface et le laisser s’exprimer. C’est cette conjonction entre mise en conscience et correction qui permet au corps de mettre en œuvre ses propres mécanismes de réparation, d’auto-guérison.  

Ce n’est donc pas moi qui guérit au sens strict du terme. J’accompagne le patient dans sa recherche de sens et c’est ce partenariat qui conduit à la guérison, à une guérison qui s’inscrit dans la durée.

 

Il est donc important de venir à une séance de Somatopathie avec une démarche de recherche intérieure, un vrai désir de compréhension de ce que notre inconscient cherche à nous dire au travers de notre corps. Il restera peut-être des résistances en nous, mais si nous souhaitons vraiment nous ouvrir à cette compréhension, elles finiront par lâcher en quelques séances.

 

Et pour ceux qui sont dans une recherche intérieure plus affirmée, les séances de Somatopathie permettent d’aller de plus en plus en profondeur : tel un oignon que l’on épluche, en venant à la source d’émotions de plus en plus subtiles et anciennes, telle une chenille en pleine transformation dans son cocon, afin de  devenir un beau papillon.

 

 

 

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