Eric Malausséna Somatopathe

Quand la chenille devient papillon...

Page 2 of 2

Somatopathie : un cas de cancer du sein

Cet article est le troisième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Quand Karine vient à mon cabinet, elle vient d’apprendre depuis quelques semaines qu’elle développe un cancer du sein gauche. Elle a 38 ans, trois enfants de 10 à 16 ans et est mariée depuis 18 ans.
Une de ses amies lui a parlé de la somatopathie et, au-delà de guérir rapidement, elle veut comprendre ce que son corps est en train de vouloir exprimer.

Elle est fatiguée, cette annonce a provoqué en elle un grand choc, d’autant que l’oncologue parle d’une forme relativement virulente. Un protocole de chimiothérapie est mis en place et la première chimio est prévue dans une semaine.

Lors de la première séance de somatopathie, l’écoute crânienne montre une très grande peur de la mort d’un homme. Karine est surprise. Elle avait complètement oublié de l’évoquer : il y a 2 mois, son fils a eu un très grave accident de voiture et est resté deux semaines en soins intensifs entre la vie et la mort. Ce fut une terrible épreuve pour elle car elle l’avait autorisé à partir pour une soirée chez des amis et l’accident est survenu alors qu’il rentrait de la soirée dans la voiture d’un copain à lui.

Karine a en gardé un immense sentiment de culpabilité. « J’aurais pu tuer mon fils ». La suite de la séance nous apprendra l’importance de cette phrase.

Je ne vais pas détailler toutes les corrections crâniennes de cette première séance… ce qui est caractéristique, c’est que très vite, le crâne montre qu’un ou des organes portent des mémoires de l’histoire familiale. C’est généralement le cas lors d’un cancer du sein.

L’écoute manuelle des organes montre trois organes concernés : le sein gauche, le poumon gauche et la rate. Tout cela me montre qu’il y a probablement eu une grande souffrance de la grand-mère maternelle lors de la perte d’un enfant, perte dont elle se serait sentie coupable.

J’interroge alors Karine. Connaît-elle l’histoire de sa grand-mère maternelle ? Cette dernière aurait-elle perdu un enfant en bas âge ?

Karine connaît l’histoire. Sa grand-mère maternelle a perdu sa première fille alors qu’elle avait 1 à et demi. Elle lui avait donné quelque chose à manger et sa fille s’est étouffée devant elle et en est morte. Inutile de dire que la grand-mère ne s’en est jamais vraiment remise, d’autant qu’à l’époque, on n’allait pas voir un psychologue ou un psychothérapeute dans ce cas !

En somatopathie, lorsqu’on trouve un organe « figé », c’est que le patient porte dans son corps, la mémoire traumatique vécue par le grand-parent comme si le patient lui-même avait vécu ce traumatisme. Cela peut paraître étrange, mais des découvertes récentes en épigénétique tendent à montrer que cette transmission se fait par l’ADN.

Mais peu importe, notre écoute manuelle se vérifie systématiquement. Même si nous ne savons pas comment se fait la transmission, la mémoire est bien là et est active chez le patient. Elle agit comme un terrain d’hyper sensibilité émotionnelle sur un type d’émotion particulier.

Dans le cas de Karine, c’est comme si elle avait déjà perdu, par le passé, un premier enfant et qu’elle s’en était déjà sentie responsable.
Alors quand elle apprend l’accident de voiture de son fils, qu’elle accourt aux urgences et qu’elle le découvre entre la vie et la mort, tout bascule. Il est évident que, pour toute mère, le choc serait rude… Mais le contexte émotionnel qu’elle porte de sa grand-mère va déclencher une réaction très forte de l’organisme car, dans son corps, c’est comme si elle a déjà perdu un enfant… C’est donc, du point de vue émotionnel, comme si cela se reproduisait encore… et c’est cela qui va se traduire, chez Karine, par ce cancer du sein… comme un écho à la souffrance de sa grand-mère qu’elle porte et doit entendre.

Lors de cette première séance, les pièces du puzzle viennent brutalement de s’assembler dans la tête de Karine. Elle n’a rien appris qu’elle ne savait déjà… mais une profonde connexion vient de s’établir sur des niveaux qui étaient jusque-là inconscients… et au-delà de la verbalisation, les corrections somatopathiques vont commencer à faire effet.

Dans les trois semaines qui vont suivre, Karine va sentir de nombreuses émotions revenir à la surface, s’exprimer, et une détente en train de se faire en elle. Quand nous nous revoyons lors de la séance suivante, la première chimio a déjà eu lieu et son corps est mis à rude épreuve. D’autres techniques somatopathiques serviront à aider les organes à mieux supporter le traitement.

Nous nous sommes revus pendant cinq séances espacées de 3 semaines. Raconter tout ce qui a continué à s’exprimer via le corps dans les séances suivantes serait bien long. Progressivement, d’autres pans des mémoires de l’histoire familiale, grand-paternelle cette fois, sont remontées à la surface. Comme souvent, les deux histoires familiales de nos parents font miroir.

Ce qui est notable dans le cas de Karine, c’est que la virulence du cancer a baissé de façon tellement spectaculaire que l’oncologue lui-même n’a pas compris ce qui s’est passé.

Karine a respecté scrupuleusement les chimiothérapies et a finit par faire une opération… finalement moins invasive que prévue. Et surtout, après l’opération, elle a récupéré extrêmement vite, à la surprise de son entourage. Je continue à l’accompagner mais de façon beaucoup plus espacée.

L’expérience montre que, lorsqu’on a fait le travail préalable de décodage et de libération des mémoires émotionnelles à l’origine d’une pathologie, le traitement ou l’opération est beaucoup mieux toléré… la récupération beaucoup plus rapide.

A contrario, faire une opération sans cette préparation revient à supprimer en nous un symptôme… mais pas le terrain émotionnel qui l’a induit. C’est comme si on refusait d’entendre ce que notre corps veut nous dire. Du coup il arrive que suite à l’opération le patient se sente très mal émotionnellement car l’émotion qui s’exprimait via le corps a perdu son moyen d’expression… et risque de chercher un autre moyen d’expression ailleurs, d’où des risques de mal-être, rechutes ou de transfert sur une autre forme de pathologie.

Comme je le dis toujours, la somatopathie ne se substitue jamais à une consultation médicale, à des traitements ou opérations quand c’est nécessaire. Sur un cancer par exemple, je n’interviens jamais dans le choix de la patiente vis à vis de la chimiothérapie, de l’opération, etc… Au contraire, j’inviterai toujours la patiente à se réapproprier son choix. En revanche, le travail en somatopathie peut très largement potentialiser l’efficacité de l’approche médicale retenue en rétablissant le lien entre le corps et la psyché

Somatopathie : un cas de sciatique

Cet article est le deuxième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Lorsque Camille, jeune fille de 18 ans, vient à mon cabinet sur les conseils de sa mère qui est déjà une de mes patientes, elle souffre d’une très vive douleur dans la fesse droite depuis deux jours. Elle garde le sourire, mais quand elle avance dans le cabinet, il est évident que marcher est une torture. L’entretien préalable n’apporte pas vraiement d’élément : la douleur est apparue soudainement sans raison apparente.

Camille s’allonge tant bien que mal sur la table. L’écoute crânienne ne montre aucune information… ou plutôt une seule… l’origine est à chercher sur un organe. Tant que l’organe n’aura pas été corrigé, le crâne restera « muet ». Etant donné la localisation des douleurs, je vais directement « écouter » les organes du petit bassin (ovaires, utérus, vessie). L’écoute somatopathique se fait avec la main posée à même la peau, à l’aplomb de l’organe recherché, comme si la main était un sonar qui explore la profondeur. L’ovaire droit est « figé »… jargon de somatopathe qui exprime une absence de mouvement associée à une sensation de rétraction tissulaire, comme si l’ovaire se recroquevillait sur lui-même. Il y a donc une grosse souffrance émotionnelle au niveau de l’ovaire droit, ce qui nous parle d’une peur, d’une souffrance en lien avec la reproduction, la descendance.

J’interroge alors Camille afin de savoir si elle a un enfant. Elle est surprise par ma question mais son visage blémit. Elle « m’avoue » alors qu’elle s’est retrouvée enceinte quelques jours plus tôt, qu’elle a pris une pilule du lendemain, et ques ses parents ne sont pas au courant. Nous avons donc vraisemblablement le déclencheur de cette sciatique. Néanmoins, le type de sensation trouvée sur l’ovaire (figé) met en évidence que ce déclencheur vient s’exprimer dans un contexte où la patiente porte déjà une souffrance du même type vécue par un grand-parent. Dans ce cas, vraisemblablement la grand-mère paternelle.

Je demande alors à Camille si elle connait l’histoire de sa grand-mère paternelle par rapport aux grossesses qu’elle a pu avoir. Camille est au courant. Ce n’est pas si fréquent. Parfois le patient ne connaît pas l’histoire familiale, parfois même s’agit-il de secrets de famille. Cela n’empêche pas le travail de somatopathie, mais il est important pour le patient de savoir que l’intensité ressentie actuellement est liée en partie au terrain émotionnel de ses ancètres. Dans le cas de Camille, sa grand-mère paternelle s’est retrouvée enceinte du père de Camille alors qu’elle n’avait que 17 ans. Le père de cet enfant ayant alors disparu de la circulation, la grand-mère paternelle a été contrainte par sa famille à un mariage forcé avec un homme plus agé qui a reconnu l’enfant à venir, père de Camille, donc. Par conséquent, Camille porte en elle, à son insu, une grande peur de tomber enceinte et de reproduire le vécu traumatisant de sa grand-mère. Sans nier le fait que cette grossesse non désirée déclenchait déjà une émotion chez ma patiente, le terrain émotionnel qu’elle porte de sa grand-mère paternelle vient décupler le ressenti, les peurs.

Les mots ayant été posés, je fais les corrections somatopathiques visant à faire lâcher les tensions émotionnelles de l’ovaire droit. Puis un petit travail local des structures musculaires périphériques finissent de relâcher la région. Le crâne montre alors les sutures en lésion associées à l’événement traumatique (la grossesse non désirée et l’ivg) qui était jusque là occulté, non mis en lien par la patiente avec sa sciatique. La correction de ces sutures et une harmonisation globale crâne/sacrum terminent la séance.

Camille se relève et n’a déjà plus de douleur. Il reste encore une légère mémoire de tension musculaire qui va s’évacuer très vite. Son regard est devenu lumineux : elle vient en même temps de se soulager d’une très grande émotion qu’elle n’avait pu partager avec personne. elle repart avec le sourire. Je la reverrai quelques semaines plus tard : toute douleur avait disparu le lendemain de la séance.

Cette séance n’est qu’un exemple de séance lié à une sciatique. Il y a tellement d’origines possibles que seule l’écoute du corps permet de mettre le doigt sur l’origine émotionnelle vécue et parfois héritée de l’histoire familiale en lien avec cette douleur… puis sur la localisation des tensions musculaires associées. Mais cette séance montre l’influence croisée d’un événement vécu (déclencheur) avec la mémoire émotionnelle transgénérationnelle d’un autre événement vécu par un grand-parent. Nous trouvons souvent cette conjonction en somatopathie. Et j’aurai l’occasion d’en reparler dans un prochain article.

Somatopathie : un cas d’otite

SOMATOPATHIE - Un cas d'otite - Eric Malausséna

Cet article sera l’occasion de débuter une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Je vais commencer par le cas tout simple d’une consultation en urgence qui se traite généralement en une séance. Une maman m’amène sa fille de 15 ans pour une double otite très douloureuse. Sa fille est très mal en point depuis plusieurs jours. Elle réagit habituellement très bien à l’homéopathie mais cette fois, même l’homéopathe (que je connais et qui est un excellent praticien) déclare forfait et envisage le recours aux antibiotiques.
La maman n’est pas très chaude sur cette option et vient au cabinet en dernier recours avant de passer aux antibiotiques.

L’écoute crânienne est sans équivoque. L’absence totale de mouvement (le crâne est dur comme un casque de moto) montre que la jeune fille est en détresse par rapport à une situation psychologique dans laquelle elle se sent coincée. Les deux temporaux (les os correspondant aux oreilles internes) sont bloqués d’une façon qui montre une grande souffrance de communication. Et une suture crânienne de la face montre que l’enfant est dans une problématique de vécu abusif.

J’interroge alors l’enfant sur une éventuelle altercation dans les jours précédant cette otite. L’enfant s’exprime alors sur une très violente dispute avec sa sœur aînée, cette dernière ayant littéralement humilié ma petite patiente. L’émotion est revenue à la surface, les sanglots sortent.

Cette étape est importante. Même si dans la suite de la séance, je vais apporter des gestes de corrections pour libérer les zones de tension qui ont été engendrées par cette forte émotion, la prise de conscience par la patiente de l’origine, du fait déclencheur de son mal permet à l’inconscient de se remettre au repos : la souffrance non exprimée jusque-là a été entendue.

J’aurai des nouvelles le lendemain matin : les douleurs ont commencé à disparaître dans la nuit et, au matin, tout est rentré dans l’ordre.

L’enfant est apaisée, et la maman ravie d’avoir pu éviter les antibiotiques.

Loin de moi l’idée d’inviter tous ceux atteints d’otite à venir à mon cabinet (il y a des médecins généralistes pour cela et je ne serai jamais en capacité de recevoir autant de solliciterions !). Cette maman avait pensé à moi car elle venait déjà me consulter pour ses propres besoins.

Mais ce cas est assez typique de la façon parfois violente avec laquelle le corps réagit lorsqu’une émotion forte est réprimée.

En tous cas, si vous avez une tendance chronique à faire des otites, l’approche de la somatopathie peut réellement aider à mettre le doigt sur le message qui n’arrive pas à être entendu.

Et, je ne le répéterai jamais assez, le travail en somatopathie ne se substitue jamais à une consultation médicale.

Newer posts »