Eric Malausséna Somatopathe

Quand la chenille devient papillon...

De la chenille au papillon : la guérison

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Cet article est le sixième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la Somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Mais contrairement aux articles précédents, je ne vais pas présenter une séance type. J’ai déjà parlé d’otite, de sciatique, de cancer du sein, de migraine et de burn-out. Dans les différents cas présentés, l’approche somatopathique fournit une démarche qui permet d’accompagner le patient vers la guérison.

Seulement il y a un écueil inévitable à ce type de présentation : faire croire que la Somatopathie est un outil de plus pour guérir, que le somatopathe est un guérisseur.

Et sur ce point je tiens à être catégorique : je ne suis pas guérisseur. Je ne guéris personne au sens où on l’entend habituellement. Si quelqu’un m’appelle en me demandant si je suis guérisseur, je réponds systématiquement : Non.

 

Je m’explique.  Dans ma vision des choses, le guérisseur est celui qui a le pouvoir de guérir quelqu’un du mal qui l’habite. Dans la relation guérisseur-patient, le patient est passif. Il vient voir le guérisseur afin que celui-ci lui ôte son mal. Le guérisseur met en oeuvre son savoir-faire et le patient repart guéri. Le patient ne sait pas ce que le guérisseur a fait, et considère que c’est ce dernier qui a tout fait. Le patient a juste confiance en la capacité du guérisseur.

Nous retrouvons le même type de relation avec un chirurgien par exemple. Mon mal nécessite une opération que le chirurgien va réaliser sans ma participation (je suis généralement endormi le temps de l’opération). Je viens voir le chirurgien et me livre à lui (je l’autorise à m’opérer dans mon sommeil, après avoir d’ailleurs signé le plus souvent une décharge de responsabilité). Une fois l’opération réalisée, l’affaire est terminée. Je caricature un peu, mais c’est ainsi dans les grandes lignes.

 

Dans la démarche que j’entreprends avec mes patients, cela n’est pas cela du tout.

 

C’est même une démarche inverse. En tant que somatopathe, je considère toujours que ce dont souffre le patient est l’expression d’une souffrance non mise en conscience. Cette souffrance finit avec le temps par s’exprimer sous la forme d’un symptôme. Ce symptôme peut être directement manifesté (une sciatique par exemple), ou indirectement (lors d’une chute, par exemple, ce n’est pas nécessairement le point d’impact de la chute qui est en lésion, mais la région qui a été préalablement fragilisée par cette souffrance non manifestée).

Il est vrai que, le plus souvent, le patient vient avec son symptôme… et l’explication de son origine : « je me suis bloqué le dos en soulevant un carton ». Dans ma vision des choses, son explication relève encore du symptôme.

 

Mon travail de somatopathe va donc consister en plusieurs actions conjointes :

  • correction de la structure (les os essentiellement),
  • relance de la circulation énergétique et fluidique,
  • évocation du type de souffrance associé afin que le patient puisse faire le lien avec son symptôme

Cette dernière étape est très importante. Tant que « je me suis bloqué le dos en soulevant un carton », je ne prends pas conscience que l’émotion enfouie en moi a créé une faiblesse dans ma structure qui a permis ce blocage du dos. Et si, en tant que somatopathe, je ne fais que corriger sans permettre au patient de faire le lien, alors j’ai traité le symptôme… Et à la prochaine occasion, le symptôme réapparaîtra car la faiblesse est toujours présente.

Continuons l’exemple de notre patient qui a mal au dos. Peut-être que pendant la séance va apparaître une origine émotionnelle sur un rein (c’est l’écoute manuelle somatopathique qui pémet de le trouver). Le rein renvoie à des souffrances autour du territoire. Quand je vais aborder le sujet, le patient va peut-être exprimer que, suite à un changement de direction, il perd son poste dans le site où il travaille et qu’on lui a proposé un autre poste ailleurs en France. Mais, jusqu’à cette séance, il ne voit pas le rapport… Sauf que la séance fait apparaître un rein figé qui m´invite à lui faire faire également le lien avec l’histoire d’un grand-père.  Le grand-père paternel, espagnol, a dû émigrer pour fuir la dictature de Franco et tout laisser derrière lui. Le rein figé veut nous dire que l’histoire de ce grand-père résonne dans le corps du patient comme s’il avait lui-même déjà vécu cette souffrance… Créant en lui une sorte de terrain hyper sensible… Comme un terrain allergique entraînera une forte réaction à un allergène… allergène qui n’induit aucune réaction chez quelqu’un qui n’est pas allergique. Si nous revenons à notre patient, sa situation professionnelle crée un écho à la souffrance vécue par son grand-père et entraîne donc chez ce patient une réaction exacerbée qui s’exprime sous la forme d’une grande tension dans la région du rein et amène les vertèbres proches en lésion.

Je ne vais pas continuer plus loin cet exemple, mais c’est en associant la correction à la prise de conscience par le patient de la souffrance inconsciente associée, voire de la référence dans l’histoire familiale, qu’un autre travail plus profond se met en œuvre.

Les corrections somatopathiques associées à la mise en conscience vont déclencher la remontée à la surface des émotions enfouies… parfois dans les jours qui suivent la séance. C’est là que le patient doit accueillir ce qui remonte à la surface et le laisser s’exprimer. C’est cette conjonction entre mise en conscience et correction qui permet au corps de mettre en œuvre ses propres mécanismes de réparation, d’auto-guérison.  

Ce n’est donc pas moi qui guérit au sens strict du terme. J’accompagne le patient dans sa recherche de sens et c’est ce partenariat qui conduit à la guérison, à une guérison qui s’inscrit dans la durée.

 

Il est donc important de venir à une séance de Somatopathie avec une démarche de recherche intérieure, un vrai désir de compréhension de ce que notre inconscient cherche à nous dire au travers de notre corps. Il restera peut-être des résistances en nous, mais si nous souhaitons vraiment nous ouvrir à cette compréhension, elles finiront par lâcher en quelques séances.

 

Et pour ceux qui sont dans une recherche intérieure plus affirmée, les séances de Somatopathie permettent d’aller de plus en plus en profondeur : tel un oignon que l’on épluche, en venant à la source d’émotions de plus en plus subtiles et anciennes, telle une chenille en pleine transformation dans son cocon, afin de  devenir un beau papillon.

 

 

 

1 Comment

  1. Christel Burin des Roziers

    23 novembre 2016 at 19 h 36 min

    merci pour ces précisions que parfois j’oublie….à bientôt
    Christel

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