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Cet article est le troisième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Quand Karine vient à mon cabinet, elle vient d’apprendre depuis quelques semaines qu’elle développe un cancer du sein gauche. Elle a 38 ans, trois enfants de 10 à 16 ans et est mariée depuis 18 ans.
Une de ses amies lui a parlé de la somatopathie et, au-delà de guérir rapidement, elle veut comprendre ce que son corps est en train de vouloir exprimer.

Elle est fatiguée, cette annonce a provoqué en elle un grand choc, d’autant que l’oncologue parle d’une forme relativement virulente. Un protocole de chimiothérapie est mis en place et la première chimio est prévue dans une semaine.

Lors de la première séance de somatopathie, l’écoute crânienne montre une très grande peur de la mort d’un homme. Karine est surprise. Elle avait complètement oublié de l’évoquer : il y a 2 mois, son fils a eu un très grave accident de voiture et est resté deux semaines en soins intensifs entre la vie et la mort. Ce fut une terrible épreuve pour elle car elle l’avait autorisé à partir pour une soirée chez des amis et l’accident est survenu alors qu’il rentrait de la soirée dans la voiture d’un copain à lui.

Karine a en gardé un immense sentiment de culpabilité. « J’aurais pu tuer mon fils ». La suite de la séance nous apprendra l’importance de cette phrase.

Je ne vais pas détailler toutes les corrections crâniennes de cette première séance… ce qui est caractéristique, c’est que très vite, le crâne montre qu’un ou des organes portent des mémoires de l’histoire familiale. C’est généralement le cas lors d’un cancer du sein.

L’écoute manuelle des organes montre trois organes concernés : le sein gauche, le poumon gauche et la rate. Tout cela me montre qu’il y a probablement eu une grande souffrance de la grand-mère maternelle lors de la perte d’un enfant, perte dont elle se serait sentie coupable.

J’interroge alors Karine. Connaît-elle l’histoire de sa grand-mère maternelle ? Cette dernière aurait-elle perdu un enfant en bas âge ?

Karine connaît l’histoire. Sa grand-mère maternelle a perdu sa première fille alors qu’elle avait 1 à et demi. Elle lui avait donné quelque chose à manger et sa fille s’est étouffée devant elle et en est morte. Inutile de dire que la grand-mère ne s’en est jamais vraiment remise, d’autant qu’à l’époque, on n’allait pas voir un psychologue ou un psychothérapeute dans ce cas !

En somatopathie, lorsqu’on trouve un organe « figé », c’est que le patient porte dans son corps, la mémoire traumatique vécue par le grand-parent comme si le patient lui-même avait vécu ce traumatisme. Cela peut paraître étrange, mais des découvertes récentes en épigénétique tendent à montrer que cette transmission se fait par l’ADN.

Mais peu importe, notre écoute manuelle se vérifie systématiquement. Même si nous ne savons pas comment se fait la transmission, la mémoire est bien là et est active chez le patient. Elle agit comme un terrain d’hyper sensibilité émotionnelle sur un type d’émotion particulier.

Dans le cas de Karine, c’est comme si elle avait déjà perdu, par le passé, un premier enfant et qu’elle s’en était déjà sentie responsable.
Alors quand elle apprend l’accident de voiture de son fils, qu’elle accourt aux urgences et qu’elle le découvre entre la vie et la mort, tout bascule. Il est évident que, pour toute mère, le choc serait rude… Mais le contexte émotionnel qu’elle porte de sa grand-mère va déclencher une réaction très forte de l’organisme car, dans son corps, c’est comme si elle a déjà perdu un enfant… C’est donc, du point de vue émotionnel, comme si cela se reproduisait encore… et c’est cela qui va se traduire, chez Karine, par ce cancer du sein… comme un écho à la souffrance de sa grand-mère qu’elle porte et doit entendre.

Lors de cette première séance, les pièces du puzzle viennent brutalement de s’assembler dans la tête de Karine. Elle n’a rien appris qu’elle ne savait déjà… mais une profonde connexion vient de s’établir sur des niveaux qui étaient jusque-là inconscients… et au-delà de la verbalisation, les corrections somatopathiques vont commencer à faire effet.

Dans les trois semaines qui vont suivre, Karine va sentir de nombreuses émotions revenir à la surface, s’exprimer, et une détente en train de se faire en elle. Quand nous nous revoyons lors de la séance suivante, la première chimio a déjà eu lieu et son corps est mis à rude épreuve. D’autres techniques somatopathiques serviront à aider les organes à mieux supporter le traitement.

Nous nous sommes revus pendant cinq séances espacées de 3 semaines. Raconter tout ce qui a continué à s’exprimer via le corps dans les séances suivantes serait bien long. Progressivement, d’autres pans des mémoires de l’histoire familiale, grand-paternelle cette fois, sont remontées à la surface. Comme souvent, les deux histoires familiales de nos parents font miroir.

Ce qui est notable dans le cas de Karine, c’est que la virulence du cancer a baissé de façon tellement spectaculaire que l’oncologue lui-même n’a pas compris ce qui s’est passé.

Karine a respecté scrupuleusement les chimiothérapies et a finit par faire une opération… finalement moins invasive que prévue. Et surtout, après l’opération, elle a récupéré extrêmement vite, à la surprise de son entourage. Je continue à l’accompagner mais de façon beaucoup plus espacée.

L’expérience montre que, lorsqu’on a fait le travail préalable de décodage et de libération des mémoires émotionnelles à l’origine d’une pathologie, le traitement ou l’opération est beaucoup mieux toléré… la récupération beaucoup plus rapide.

A contrario, faire une opération sans cette préparation revient à supprimer en nous un symptôme… mais pas le terrain émotionnel qui l’a induit. C’est comme si on refusait d’entendre ce que notre corps veut nous dire. Du coup il arrive que suite à l’opération le patient se sente très mal émotionnellement car l’émotion qui s’exprimait via le corps a perdu son moyen d’expression… et risque de chercher un autre moyen d’expression ailleurs, d’où des risques de mal-être, rechutes ou de transfert sur une autre forme de pathologie.

Comme je le dis toujours, la somatopathie ne se substitue jamais à une consultation médicale, à des traitements ou opérations quand c’est nécessaire. Sur un cancer par exemple, je n’interviens jamais dans le choix de la patiente vis à vis de la chimiothérapie, de l’opération, etc… Au contraire, j’inviterai toujours la patiente à se réapproprier son choix. En revanche, le travail en somatopathie peut très largement potentialiser l’efficacité de l’approche médicale retenue en rétablissant le lien entre le corps et la psyché