sciatique

Cet article est le deuxième d’une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires avec des prénoms et des genres qui peuvent varier selon le type de cas. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Lorsque Camille, jeune fille de 18 ans, vient à mon cabinet sur les conseils de sa mère qui est déjà une de mes patientes, elle souffre d’une très vive douleur dans la fesse droite depuis deux jours. Elle garde le sourire, mais quand elle avance dans le cabinet, il est évident que marcher est une torture. L’entretien préalable n’apporte pas vraiement d’élément : la douleur est apparue soudainement sans raison apparente.

Camille s’allonge tant bien que mal sur la table. L’écoute crânienne ne montre aucune information… ou plutôt une seule… l’origine est à chercher sur un organe. Tant que l’organe n’aura pas été corrigé, le crâne restera « muet ». Etant donné la localisation des douleurs, je vais directement « écouter » les organes du petit bassin (ovaires, utérus, vessie). L’écoute somatopathique se fait avec la main posée à même la peau, à l’aplomb de l’organe recherché, comme si la main était un sonar qui explore la profondeur. L’ovaire droit est « figé »… jargon de somatopathe qui exprime une absence de mouvement associée à une sensation de rétraction tissulaire, comme si l’ovaire se recroquevillait sur lui-même. Il y a donc une grosse souffrance émotionnelle au niveau de l’ovaire droit, ce qui nous parle d’une peur, d’une souffrance en lien avec la reproduction, la descendance.

J’interroge alors Camille afin de savoir si elle a un enfant. Elle est surprise par ma question mais son visage blémit. Elle « m’avoue » alors qu’elle s’est retrouvée enceinte quelques jours plus tôt, qu’elle a pris une pilule du lendemain, et ques ses parents ne sont pas au courant. Nous avons donc vraisemblablement le déclencheur de cette sciatique. Néanmoins, le type de sensation trouvée sur l’ovaire (figé) met en évidence que ce déclencheur vient s’exprimer dans un contexte où la patiente porte déjà une souffrance du même type vécue par un grand-parent. Dans ce cas, vraisemblablement la grand-mère paternelle.

Je demande alors à Camille si elle connait l’histoire de sa grand-mère paternelle par rapport aux grossesses qu’elle a pu avoir. Camille est au courant. Ce n’est pas si fréquent. Parfois le patient ne connaît pas l’histoire familiale, parfois même s’agit-il de secrets de famille. Cela n’empêche pas le travail de somatopathie, mais il est important pour le patient de savoir que l’intensité ressentie actuellement est liée en partie au terrain émotionnel de ses ancètres. Dans le cas de Camille, sa grand-mère paternelle s’est retrouvée enceinte du père de Camille alors qu’elle n’avait que 17 ans. Le père de cet enfant ayant alors disparu de la circulation, la grand-mère paternelle a été contrainte par sa famille à un mariage forcé avec un homme plus agé qui a reconnu l’enfant à venir, père de Camille, donc. Par conséquent, Camille porte en elle, à son insu, une grande peur de tomber enceinte et de reproduire le vécu traumatisant de sa grand-mère. Sans nier le fait que cette grossesse non désirée déclenchait déjà une émotion chez ma patiente, le terrain émotionnel qu’elle porte de sa grand-mère paternelle vient décupler le ressenti, les peurs.

Les mots ayant été posés, je fais les corrections somatopathiques visant à faire lâcher les tensions émotionnelles de l’ovaire droit. Puis un petit travail local des structures musculaires périphériques finissent de relâcher la région. Le crâne montre alors les sutures en lésion associées à l’événement traumatique (la grossesse non désirée et l’ivg) qui était jusque là occulté, non mis en lien par la patiente avec sa sciatique. La correction de ces sutures et une harmonisation globale crâne/sacrum terminent la séance.

Camille se relève et n’a déjà plus de douleur. Il reste encore une légère mémoire de tension musculaire qui va s’évacuer très vite. Son regard est devenu lumineux : elle vient en même temps de se soulager d’une très grande émotion qu’elle n’avait pu partager avec personne. elle repart avec le sourire. Je la reverrai quelques semaines plus tard : toute douleur avait disparu le lendemain de la séance.

Cette séance n’est qu’un exemple de séance lié à une sciatique. Il y a tellement d’origines possibles que seule l’écoute du corps permet de mettre le doigt sur l’origine émotionnelle vécue et parfois héritée de l’histoire familiale en lien avec cette douleur… puis sur la localisation des tensions musculaires associées. Mais cette séance montre l’influence croisée d’un événement vécu (déclencheur) avec la mémoire émotionnelle transgénérationnelle d’un autre événement vécu par un grand-parent. Nous trouvons souvent cette conjonction en somatopathie. Et j’aurai l’occasion d’en reparler dans un prochain article.