SOMATOPATHIE - Un cas d'otite - Eric Malausséna

Cet article sera l’occasion de débuter une série destinée à mieux faire comprendre le champ d’action de la somatopathie, sa mise en œuvre et les résultats que l’on peut en attendre.

Les cas présentés ici sont des cas génériques. Non celui d’un seul patient mais d’une typologie donnée, synthèse de plusieurs cas similaires. L’objectif est pédagogique, illustratif.

Je vais commencer par le cas tout simple d’une consultation en urgence qui se traite généralement en une séance. Une maman m’amène sa fille de 15 ans pour une double otite très douloureuse. Sa fille est très mal en point depuis plusieurs jours. Elle réagit habituellement très bien à l’homéopathie mais cette fois, même l’homéopathe (que je connais et qui est un excellent praticien) déclare forfait et envisage le recours aux antibiotiques.
La maman n’est pas très chaude sur cette option et vient au cabinet en dernier recours avant de passer aux antibiotiques.

L’écoute crânienne est sans équivoque. L’absence totale de mouvement (le crâne est dur comme un casque de moto) montre que la jeune fille est en détresse par rapport à une situation psychologique dans laquelle elle se sent coincée. Les deux temporaux (les os correspondant aux oreilles internes) sont bloqués d’une façon qui montre une grande souffrance de communication. Et une suture crânienne de la face montre que l’enfant est dans une problématique de vécu abusif.

J’interroge alors l’enfant sur une éventuelle altercation dans les jours précédant cette otite. L’enfant s’exprime alors sur une très violente dispute avec sa sœur aînée, cette dernière ayant littéralement humilié ma petite patiente. L’émotion est revenue à la surface, les sanglots sortent.

Cette étape est importante. Même si dans la suite de la séance, je vais apporter des gestes de corrections pour libérer les zones de tension qui ont été engendrées par cette forte émotion, la prise de conscience par la patiente de l’origine, du fait déclencheur de son mal permet à l’inconscient de se remettre au repos : la souffrance non exprimée jusque-là a été entendue.

J’aurai des nouvelles le lendemain matin : les douleurs ont commencé à disparaître dans la nuit et, au matin, tout est rentré dans l’ordre.

L’enfant est apaisée, et la maman ravie d’avoir pu éviter les antibiotiques.

Loin de moi l’idée d’inviter tous ceux atteints d’otite à venir à mon cabinet (il y a des médecins généralistes pour cela et je ne serai jamais en capacité de recevoir autant de solliciterions !). Cette maman avait pensé à moi car elle venait déjà me consulter pour ses propres besoins.

Mais ce cas est assez typique de la façon parfois violente avec laquelle le corps réagit lorsqu’une émotion forte est réprimée.

En tous cas, si vous avez une tendance chronique à faire des otites, l’approche de la somatopathie peut réellement aider à mettre le doigt sur le message qui n’arrive pas à être entendu.

Et, je ne le répéterai jamais assez, le travail en somatopathie ne se substitue jamais à une consultation médicale.